Gladys

La Nana du mois de mai est Gladys Cohen, la mère par excellence

Ecrit par Marie TERRY
le 29 mai 2012

« La Nôtre, la Vôtre », ces mots ne vous rappellent-ils pas des phrases cultes que vous avez tous et toutes entendues ? Car oui, vous connaissez « celle » qui les a prononcées avec sa voix et son accent inimitables, la célèbre maman de Serge Benamou interprété par José Garcia dans La Vérité si Je Mens […]

« La Nôtre, la Vôtre », ces mots ne vous rappellent-ils pas des phrases cultes que vous avez tous et toutes entendues ? Car oui, vous connaissez « celle » qui les a prononcées avec sa voix et son accent inimitables, la célèbre maman de Serge Benamou interprété par José Garcia dans La Vérité si Je Mens 2 et 3. Mais comme vous ne connaissez peut être pas encore son nom ni l’actrice, TrucdeNana a le plaisir de vous présenter Gladys Cohen.

Pourquoi Gladys Cohen est « Ma » nana du mois de mai ( enfin la mienne, mais aussi la vôtre!) ? Parce qu’au joli mois de mai, on aime choisir des mamans en vue de la fête des mères. Bon d’accord, cette année, elle a lieu le premier week-end de juin mais tant pis, chez TrucdeNana, on fait ce qu’on veut, nah !…Et puis double choix, notre maman est, actualité du Festival de Cannes oblige, une maman de cinéma.

Si je vous dis, Gad Elmaleh dans « Chouchou » ou Vincent Elbaz et José Garcia dans « La vérité, si je Mens », vous voyez tout de suite qui elle est car
Gladys interprête leur maman
. Et si au cinéma, Gladys est plutôt une maman de « mecs », dans la vie (la vraie!), c’est la maman d’une grande fille de 37 ans et la grand-mère d’un petit garçon de 7 ans, qui l’appelle Abouella, Grand-mère en espagnol.

TDN : Quelle grand-mère êtes-vous ? Quelles valeurs souhaitez-vous lui transmettre ?

Gladys Cohen : Avec une grand-mère, on fait ce qu’on veut car une grand-mère n’est pas une mère. Je m’occupe beaucoup de mon petit-fils, le fils de ma fille. Je l’ai avec moi tous les mercredis, je l’accompagne à ses activités; nous échangeons beaucoup. C’est un jeune garçon déjà très structuré. J’aimerais lui transmettre l’amour, la loyauté et la fidélité, trois valeurs qui a mes yeux comptent plus que tout.

TDN : Et en tant que mère (dans la vraie vie), comment étiez-vous ?

GC : J’étais une mère sévère et folle d’amour. L’être est malheureux à vie s’il n’a pas eu d’amour quand il était petit ; ce qui explique des déviances, des vies compliquées à l’âge adulte. Il faut donner un amour illimité à ses enfants, tout en fixant des limites dans l’éducation. Je serais même pour donner un diplôme aux parents. Faire un enfant est très facile mais l’éduquer est autre chose.

TDN : Que diriez-vous aux jeunes filles, futures mamans et aux jeunes mamans qui nous lisent ?

GC : Être maman, c’est un vrai métier et il n’y a pas de guide. Il faut alors s’entourer de personnes qui ont de l’expérience, des parents qui peuvent alors aider, d’amis mais surtout ne pas rester isolé dans son coin avec ses problèmes.
D’ailleurs c’est un fait qui dépasse la maternité, l’être humain ne doit jamais être isolé. L’amour illimité entre une mère et son enfant doit tendre à un rapprochement car il peut ne pas toujours être là, crise d’ado, conflits d’autorité,mais le temps doit faire aboutir ce rapprochement et la maternité peut être un heureux prétexte : la jeune maman invente la maternité avec sa maman.

TDN : Et mère de cinéma ? Comment vit-on cela ?

GC : C’est du cinéma. Il est vrai que participer à « La Vérité si je mens » m’a fait connaitre du grand public et a lancé ma carrière au cinéma. Mais ce sont des films de machos de « mecs » si vous permettez, alors que la maman dans la famille juive a un rôle fondamental, une étrange contradiction. Les acteurs restaient entre eux pendant et après le tournage, ne se liaient pas aux femmes et encore moins aux « ancêtres ». La promotion du film a été faite par eux seuls sans inclure les rôles féminins. Je vais finir par devenir féministe avec ce film ! Par contre, Gad Elmaleh dans Chouchou m’a donné un rôle formidable qui montre toutes les facettes émotionnelles de la maman : le rôle protecteur et celui de pilier, et je l’en remercie. Il a rendu un bel hommage à sa mère même s’il s’en défend. Il a été très bon dans son rôle de directeur d’acteurs et je l’incite à continuer ! (Vous le notez bien, m’a-t-elle précisé !)

TDN : On a parlé de vous en tant que mère mais on aimerait vous connaitre mieux, en tant qu’actrice ?

GC : J’ai commencé ma carrière comme cantatrice et j’ai chanté dans les plus beaux opéras, en allemand, en italien… Je continue à travailler ma voix pour qu’elle soit toujours bien placée. Elle peut être douce comme agressive. On me le reproche parfois au théâtre mais j’accepte les critiques. J’aime jouer au théâtre. Le théâtre est un sacerdoce, ce n’est jamais pareil tous les soirs et c’est ce qui donne le goût. C’est une belle leçon de vie comme l’Art.

TDN : En quoi l’Art est-il une leçon de vie ?

GC : Nous sommes dans un monde difficile, un monde du trop. Alors, il faut se nourrir de L’Art, de la lecture, de la peinture, d’autres choses qui ne soient pas consommables dans le mauvais sens du terme. Je lis beaucoup et des philosophes surtout. Les philosophes ont une vision en avance des choses  et dénoncent des vérités, avant que les gens eux-mêmes s’en aperçoivent ou s’en rendent compte. Il faut s’ouvrir au monde aussi avec les langues. Je suis linguiste et j’enseigne les langues.

TDN : Pourquoi prônez-vous les langues ? En parlez-vous beaucoup ?

GC : Je suis de nationalité espagnole et je parle 7 langues. (Bravo!)Parler une seule langue est réducteur. La langue est le reflet d’un pays, c’est une lucarne vers le monde et il faut avoir plusieurs visions du monde. Vous l’avez par les voyages et encore mieux si vous maitrisez la langue du pays. Chaque partie du monde est un éventail à ouvrir. Il ne faut pas être enfermé. Par exemple, l’Europe est une belle chose.

TDN : Un peu de politique, je sens que vous aimez cela ?

GC : Je suis une férue de politique. J’ai beaucoup écouté les politiciens ces derniers temps et je remarque une différence très importante entre la justesse des propos des hommes politiques et le délire des solutions proposées. Aucune personnalité ne cristallise les solutions, il faudrait prendre un peu de chacun. Mais je n’ai pas voté, je suis nationalité espagnole.

En tout cas, Gladys est un acteur ( actrice) de la scène politique à part entière et je choisis mes mots, puisqu’elle joue en ce moment au théâtre une pièce qui s’intitule « Piège à Matignon » ! Une pièce coécrite par Nathalie Marquay-Pernaut, Jean-Claude Islert et Jean-Pierre Pernaut avec Nathalie Marquay-Pernaut, et Gladys Cohen.  Deux de nos nanas du mois mises en avant, c’est pas beau ça ? Car Nathalie avait été notre « Nana du mois » pour sa première prestation théâtrale il y a 2 ans.

Un grand merci à Gladys pour cette belle rencontre, continuez de lire, d’apprendre (son prochain objectif étant l’arabe littéraire), d’aimer les voyages…

Et comme d’habitude, on termine ce papier par un mot dédié à nos lectrices (en plus des jolies phrases déjà dites par Gladys) : « Il faut avoir de la fantaisie, une sorte de folie excentrique ».On adhère et ce, dans toutes les langues.

Pour aller voir et écouter Gladys Cohen, rendez-vous au Théâtre Daunou à Paris, devant la pièce « Piège à Matignon », du mercredi 30 mai au samedi 30 juin.

Par Marie TERRY

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