culture

La demoiselle de Savoie

Ecrit par Justine Andanson
le 1 juin 2010

Élisabeth Ducrest est née dans la deuxième moitié du XVIIème siècle dans le Royaume de Savoie. Fille de métayers relativement nantis, elle se retrouve dame de compagnie dans la noblesse chambérienne où elle parfait son éducation. C’est le siècle des Lumières, des découvertes, des philosophes. Entre son enfance de paysanne et ses rêves d’aventures, elle […]

Élisabeth Ducrest est née dans la deuxième moitié du XVIIème siècle dans le Royaume de Savoie. Fille de métayers relativement nantis, elle se retrouve dame de compagnie dans la noblesse chambérienne où elle parfait son éducation. C’est le siècle des Lumières, des découvertes, des philosophes. Entre son enfance de paysanne et ses rêves d’aventures, elle se trouve emportée par les événements : la mort de sa tutrice, la peste, l’engouement pour un garçon et les colonies lointaines. Innocents et crédules, ils traversent la France pour rejoindre La Rochelle où, après de multiples péripéties, Élisabeth embarquera pour la Nouvelle France toujours en quête de liberté et de rêves. Mais le chemin est long et difficile et le contexte politique plutôt tendu de l’autre côté de l’Atlantique…
Née à Aix-les-Bains, Nicole Dillenschneider est passionnée d’histoire, celle de son pays mais aussi des pays qu’elle a pu traverser lors de longues randonnées à cheval ou de voyages au long cours, ce qui lui a permis de prendre conscience des diversités ethniques et culturelles. « La demoiselle de Savoie » est son premier roman publié par les Editions Bénévent. À travers son héroïne, elle a souhaité rendre hommage au rôle des femmes dans l’histoire, souvent oublié ou mésestimé.
Le livre nous relate donc ce long et périlleux chemin vers l’autonomie et la liberté qui passera par l’Abbaye d’Hautecombe, le Puy en Velay, Nantes, Bordeaux, Chambéry, le Massif Central, les abords des Pyrénées… A mi-chemin entre Angélique et Kivrin Engle, l’héroïne du « Grand Livre » de Connie Willis, Elisabeth se bat pour rompre les préjugés tant sur les femmes que sur la paysannerie, tout en n’oubliant jamais sa féminité. Sa connaissance des simples, du genre humain, ses passions et son intelligence l’emmèneront dans des contrées semées d’embûches mais aussi à la découverte de son monde (et du Nouveau Monde). Les forêts impénétrables, les brigands, les maladies comme la peste ou les meurtres étaient monnaie courante dans le siècle de Louis XIV tout comme le sens de l’honneur, le partage et la noblesse des cœurs.
Personnellement, j’ai adoré ce livre que j’ai dévoré en une nuit : il est très prenant et offre par ailleurs une approche psychologique intéressante des rapports entre parents et enfants, amants, ordres sociaux et une belle description du mode de vie et des mœurs de l’époque… Rien de naïf et c’est même parfois cruel et dur. Le style est limpide et agréable à lire et on se plait à (re-)découvrir au fil des pages un vocabulaire ancien et perdu. Ce livre montre également comment la tolérance et le respect de l’autre peuvent se manifester au travers de rencontres avec des protestants, des cathares oubliés ou des indiens. Et pour ceux qui connaissent la Savoie, c’est un réel plaisir que de voir autrement cette belle région. Deux gros regrets : la fin arrive bien trop vite (et quelque peu abruptement après tant de péripéties) et y aura-t-il une suite ? En bref, il s’agit vraiment un beau roman grâce auquel on peut se permettre de rêver quelques heures, loin, très loin de notre époque…

« La demoiselle de Savoie », Editions Bénévent, 20,50 Euros.

Par Ariane-Isabeau Noël

Décembre 2008

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