Frederick

Janvier 2012, notre nana est un mec, c’ est l’humoriste Frédérick Sigrist

Ecrit par Marie TERRY
le 25 janvier 2012

Vous le savez, chaque début d’année, on troque notre nana du mois, pour notre mec du mois ! En 2012, évidemment, on aurait aimé faire le portrait d’un homme politique… mais ils étaient indisponibles, bizarre, bizarre. Pourquoi ? Parce que 2012, c’est certes l’année du dragon pour le nouvel an chinois mais avant tout, pour […]

Vous le savez, chaque début d’année, on troque notre nana du mois, pour notre mec du mois ! En 2012, évidemment, on aurait aimé faire le portrait d’un homme politique… mais ils étaient indisponibles, bizarre, bizarre.

Pourquoi ? Parce que 2012, c’est certes l’année du dragon pour le nouvel an chinois mais avant tout, pour nous, Françaises et Français, une année politique un peu « dragon » aussi, l’année des Présidentielles.

On devrait entendre en principe de grandes idées plutôt que de petites phrases assassines, genre « je crache mon venin » mais la campagne politique est comme cela, alors autant en rire! Et les humoristes s’en donnent à cœur joie tant la matière est dense…

Et c’est là que notre choix de mettre en avant un humoriste qui parle politique nous a plu. Nous avons jeté notre dévolu sur Frédérick Sigrist.

Il faut dire qu’il fait tout pour se faire remarquer ! Il cartonne au théâtre Funambule Montmartre à Paris, et le 6 mai prochain lors du second tour des élections, il va commenter en direct sur la scène avec son compère Manuel Pratt, les résultats des élections. Cela promet !

« J’adore la politique, je suis un « militantiste », mais je n’aurais pas fait de carrière politique pour autant. J’en fait autrement. D’ailleurs, on fait tous de la politique dans notre vie de tous les jours. Les humoristes font tous de la politique même si ils abordent plutôt des sujets dits sociétaux. Par exemple, Gad Elmaleh s’adresse à une certaine partie de la société quand il parle du blond au ski. »

Le ton est donné, la discussion animée est lancée. Une première question s’impose :« Peut-on rire de tout ?« .

« Oui, sans hésiter » nous répond Frédérick qui prône la liberté d’expression. « Tout le monde doit pouvoir exprimer son opinion« .

Frédérick nous pose à son tour une question. « On nous reproche d’être vulgaires à nous humouristes, mais les hommes politiques ne le sont-ils pas aussi ? Il ne faut pas perdre de vue que nous sommes des bouffons« .

TrucdeNana : Mais alors, comment devient-on « un bouffon » ?

Frédérick Sigrist : « J’étais un cancre de compétition, expulsé 2 fois des écoles. Mais je faisais rire sans provocation, je posais des questions qui déchainaient le rire mais à cette époque, je n’avais pas l’intention de faire rire ».

TDN : Quand avez-vous eu vraiment l’intention de faire rire ?

Frédérick Sigrist : « Après une orientation en section A3, option Art dramatique, je me suis initié à l’art du jeu, de la scénographie, à l’improvisation et la mise en scène. Les répertoires abordés allaient du classique au contemporain. C’est là-bas, au lycée à Nancy que j’ai été repéré par un prof qui a décelé ce que je pouvais faire. »

Les parents de Frédérick n’ayant pas d’à priori, parents aux origines diverses, mère  Lorraine et père Guadeloupéen, motivé, il continue son chemin… Ainsi, à 18 ans, il fait son premier one man show : ABCD’R d’une fin de siècle. Cela commence fort !

TDN : De Nancy à Paris, quel est le parcours ?

Frédérick Sigrist : « Pendant 8 mois, j’ai été animateur au Club Med de Da Balaia au Portugal. Le Club Med, c’est une vraie crèche pour adultes !Mais toute scène est une bonne école. Même si le contexte du Club Med est différent « vacances, soleil… », tout prête les spectateurs à être détendus et du coup à rire de tout… Après, il faut faire attention au retour aux scènes « normales ».

De retour en France, Frédérick déménage à Paris où il rejoint les rangs du cours Viriot afin de retrouver des sensations de jeu à plusieurs. Il finance dans le même temps ses cours en travaillant en tant que responsable d’équipe au Pizza Hut de Neuilly. Au bout d’un an, il écrit sa première pièce de théâtre : « Troisième fenêtre sur la gauche » qu’il met également en scène. L’aventure dure pendant un an et demi, et la pièce connait un succès public certain. En parallèle, Frédérik travaille de nuit en tant que superviseur au Samu Social de Paris pendant 3 ans. C’est un homme engagé et il le prouve.

Frédérick effectue alors un retour au One man show avec Un souvenir à la craie mis en scène par Bertrand Constant qui ne le quitte plus. Depuis Frédérick a écrit deux projets de programmes courts destinés à la télévision, a coécrit des projets audiovisuels au côté de Bertrand Constant et enchaîne les one man show. « Et après on va dire que je suis méchant ! », « Meurtre au dessus d’une fiche de paie ! » et cette année dans 2012 « Manuel de survie dans l’isoloir« .

Et je peux vous dire que le fameux manuel est à ranger dans la pile des manuels corrosifs, engagés mais très drôles. Personne n’est isolé dans le bilan caustique dressé par Frédérick, gauche, droite, centre, extrême, tous les politiques y passent mais c’est sûr, ils y survivront !

Il pose juste avec irrévérence, humour mais sans tabous, ni parti pris la question que tout le monde se pose : « Finalement, pour qui voter ?« .

TDN : Comment écrit-on et réécrit-on un spectacle ?

Frédérick Sigrist : « L’idée est partie de l’intérieur, de l’intérieur de l’isoloir.Comme beaucoup de français, aux prochaines élections je vais aller voter en famille accompagné de mon fils, Eliot, 2 ans et 3 mois, et de ma femme, et je vais ma poser la question : « Je vote pour qui ?« . »

Le spectacle de Frédérick Sigrist évolue au fil des actualités riches. Il est en évolution constante, suivra et s’adaptera en temps réel à l’évolution de la campagne présidentielle française.

« Tous les matins, je me branche sur France Inter, l’actualité en continu.Mais j’aime aussi improviser, je me fais peur mais c’est bien car je donne le meilleur de moi-même quand j’ai peur », nous confie Frédérick.

TDN : Vous donnez-vous des interdits ?

Frédérick Sigrist : « Aucun interdit sauf : Les femmes ne savent pas faire des créneaux, les femmes utilisent la carte bleue de leur mec bla bla bla bla. Vu et revu et pas drôle. »

Je ne pense pas qu’il l’ait dit pour moi, il avait l’air sincère. Je rebondis sur les femmes qui font aussi de l’humour

TDN : Que pensez-vous des femmes qui font rire ?

Frédérick Sigrist : « C’est vrai que l’humour est misogyne. Je n’aime pas les « Bigard » au féminin, les femmes à la parole décomplexée, comme Élisabeth Buffet J’ai pas de mec…, il m’a plaquée… J’apprécie Sophie ARAM qui a l’intelligence de faire autre chose et Anne Roumanoff qui est une bête de travail ! »

Il sait ce qu’il dit car depuis janvier 2012, il co-écrit les chroniques d’Anne Roumanoff sur Europe 1.

TDN : Est-ce la jungle en humour comme en politique ?

Frédérick Sigrist : « Cela pourrait être la jungle. Moi je ne me prend pas la tête. »

Mais c’est vrai qu’il y a un vrai business autour de l’humour ! La carte de l’humour à Paris serait divisée en 3 parties : Jamel et son club, Laurent Ruquier et ses protégés et Anne Roumanoff. C’est justement elle qui l’a rencontré, l’a repéré et lui a demandé de collaborer avec elle.

TDN : Et les autres humoristes ?

Frédérick Sigrist : « Gaspard Proust, c’estla meilleure surprise de l’année mais il est complètement névrosé ! J’apprécie Damien Lecamp, Walter et Alexandre Barbe (le chouchou de TDN qui a gagné le prix en juin de l’humour en capitales) avec qui il partage la scène du caveau de la république. « 

Il est vrai qu’en ce moment les humoristes fleurissent, de nouveaux talents en nouveaux talents… Je lui demande « Est-ce une corrélation à notre monde de brutes ?« . Pour Frédérick, l’humour est un remède de l’âme. Jolie définition !

Le temps passe vite pendant notre entretien. Allez, encore quelques questions, du tac au tac.

TDN : Ce que vous n’aimez pas ?

Frédérick Sigrist : Il n’y a que des noms qui me viennent à l’esprit… comme Nadine Morano !

TDN : Pour vous, une femme drôle est sexy ou une femme sexy doit-elle être drôle ?

Frédérick Sigrist : La femme drôle est sexy car être drôle l’embellit. (Pas mal, on note.)

TDN : Comment vit-on le fait qu’on soit un comique avec ses amis ? Du genre « toi, qui est drôle… »

Frédérick Sigrist : « On le vit d’autant mieux que comme je joue quasiment tous les soirs de la semaine, ses amis on ne les voit plus ou que très rarement. Car comme je suis jeune papa, mes soirées de libre je préfère les passer avec ma femme et mon fils. »

Un vrai papa modèle.

TDNTestez-vous vos répliques… sur votre amie, vos proches ?

Frédérick Sigrist : Principalement sur ma femme, à son grand désespoir car elle me voit toujours venir !

Avant de me quitter, Frédérick m’a fait un délire sur les journaux féminins de la presse écrite. Je vous la livre tel quel :

« Pour moi un magazine féminin est à l’image de la psyché de mon épouse, chaotique pour un homme au cerveau linéaire tel que moi. Vous pouvez lire un article sur les mines antipersonnelles et puis tout d’un coup, on vous annonce que la suite est en page 45. Soudain tu tombes sur une publicité pour des cosmétiques suivi d’une recette de cuisine, avant d’avoir un dossier sur le cancer du sein. Et en fait c’est à l’image de ma femme, elle fait 28 choses à la fois en réussissant à les mener de front, et c’est selon ce schéma qu’à mon avis, on conçoit ces magasines. Je pense qu’ils se disent : Attention là elle va saturer avec cet article anxiogène, on va temporiser avec des trucs plus légers jusqu’à la page 45, là elle sera de nouveau d’attaque pour le reportage sur les enfants estropiés ! J’ai l’impression que les articles d’un magasine féminin, c’est un peu comme un soufflé, faut laisser reposer. 

Bon le mot de la fin, je vous le souffle. Allez le voir et vous rirez sans vous reposer car c’est non stop !

Et je pense que le meilleur compliment qu’on puisse lui faire serait à cette image de ce commentaire laissé sur le site : « Bonne analyse de la scène politique, qui nous fait réfléchir… En plus de bien rire, on a de quoi finir par se poser des questions. « 

Infos Pratiques :

Vous pouvez le voir au théâtre Funambule Montmartre.53 Rue Saules 75018 Paris
Tél. 01 42 23 88 83.
Prix : 3 euros.

Au caveau de la République

1 Boulevard Saint-Martin 75003 Paris.
Tél. 01 42 78 94 92.

Un grand merci à notre mec généreux mais j’ai juste peur de me retrouver dans son spectacle, à la rubrique, « journaliste relou ».

Je le lui ai dit, il a ri, mauvais signe ! Allez voir le spectacle et vous me direz…

Par Marie TERRY

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