bébé

Proche de mon bébé

Ecrit par Alice H.
le 29 juin 2010

Enceinte de 6 mois, je commence à m’habituer à mon petit bidon. Je dirais même que je le porte assez fièrement dans les couloirs du métro, un grand sourire sur le visage. Je pourrais passer des heures, toute nue devant mon miroir, à regarder changer mon corps. C’est bon, je réalise. Je vais avoir un […]

Enceinte de 6 mois, je commence à m’habituer à mon petit bidon.

Je dirais même que je le porte assez fièrement dans les couloirs du métro, un grand sourire sur le visage. Je pourrais passer des heures, toute nue devant mon miroir, à regarder changer mon corps. C’est bon, je réalise. Je vais avoir un bébé. Et même si « avoir un enfant » j’ai bien saisi le concept, je commence sérieusement à flipper. Est-ce que je serais à la hauteur ? Est-ce que je serais une bonne mère ?

Entre les conseils de mes copines jeunes mamans, ceux de ma sœur avec ses trois bambins, je ne m’en sors plus. Trop de questions. « Est-ce que tu comptes allaiter ? » « Comment vas-tu le porter ? En poussette ? Contre toi ? » « Et sinon, tu es pour ou contre la fessée ? ».

Un petit peu paumée, je l’admets, je suis allée voir ma tante, sage femme, pour lui poser quelques questions. Entre les mythes et légendes sur l’allaitement : les seins abimés, la fatigue, ou au contraire le lien que tu crées avec ton enfant, le lait meilleur pour son développement, je ne savais plus vers quoi pencher. Allaiter ? Donner le biberon ? Mixer les deux ? Qu’est-ce qui est possible ? Est-ce que mon rapport avec mon enfant sera différent si je n’allaite pas ?

Elle m’a totalement rassurée : « C’est toi qui décide ! La meilleure manière de nourrir ton enfant, c’est celle qui te convient à toi ». Elle me raconte qu’il existe aujourd’hui des puristes de l’allaitement, même au sein des sages femmes et des médecins qui incitent très (trop selon elle) auprès des jeunes mamans pour qu’elles allaitent absolument alors qu’il faut leur laisser le choix. « Si tu as envie d’allaiter, c’est très bien. Mais il faut que ce soit ton choix. Si tu allaites alors que tu n’en as pas envie ou au contraire si tu donnes le biberon alors que tu préférerais allaiter, ton bébé le sentira et il boira moins bien. » Il y a des petits plus et des désagréments à l’allaitement : « te lever la nuit pour lui donner le sein, tirer ton lait quand tu ne passes pas la journée avec ton bébé, et surtout le papa peut se sentir à l’écart de cet instant privilégié avec votre enfant ». C’est vrai que mon amoureux, qui prend son futur rôle de papa très à cœur, s’inquiète de ne pas pouvoir lui donner le biberon au début et peut-être manquer des moments importants.

En résumé, les plus de l’allaitement : la création d’un lien privilégié avec mon petit, un lait qui renforce ses défenses naturelles et un côté plus naturel (et oui, il ne faut pas oublier qu’on est des « mammifères »).

Les moins : des seins  sensibilisés, une organisation plus compliquée et un papa un peu mis de côté ( et oui, on n’est pas « que » des animaux ! )

Et mixer biberon et allaitement ? « Totalement faisable et sans danger » m’a certifié ma tante. « C’est une pratique peu courante et rarement conseillée mais qui a fait ses preuves surtout chez les femmes africaines qui fonctionnent en général de cette manière. » Je peux garder le plaisir de nourrir mon enfant au sein quand je le désire, le sevrage est moins compliqué et mon amoureux pourra participer.

Je me sens rassurée, j’ai le choix et pas d’obligations. Si je décide de ne pas allaiter je pourrais tout de même créer un lien avec mon enfant autrement : avec le bain, des câlins, des massages etc. Je pourrais donc décider sur le moment de ce qui nous conviendra le mieux : à mon bébé, à moi et bien sûr à son papa !

Pour m’aider à faire mon choix, ma tante me conseille de lire :
« Le conflit » de Elizabeth Badinter, 17,10 euros. et « L’allaitement » de Marie Thirion, 18,53 euros.

Je suis rassurée pour la partie « allaitement ». Mais un autre problème se pose à moi : Comment vais-je le porter ? En poussette, dans un porte-bébé kangourou ou drapé dans un beau tissu ?

Ma cousine Sophie ne jure que par l’écharpe de portage. Mais, quitte à passer pour une future maman complètement paniquée et pas du tout sûre d’elle, je flippe. « Ne risque-t-il pas de tomber, portée ainsi ? ». Parce qu’avoir un bébé bien maintenu et les mains libres pour faire ce que je veux, ok. Mais être tellement stressée que je ne peux m’empêcher de garder les mains accrochés à ses petites fesses, ça n’a pas un grand intérêt. Sophie me rassure. « Il existe des écharpes spécialement conçues pour porter ton bébé. Hors de question de récupérer ton écharpe baba-cool du lycée ! Tu peux les trouver en boutique ou sur Internet avec un mode d’emploi qui t’explique toutes les façons de l’utiliser. » Elle m’explique que l’enfant dès la naissance peut être porté dans une écharpe de portage. Le contact avec le corps de la maman le rassure et lui rappelle la sensation d’être dans le ventre de sa mère. D’après elle, le bébé s’endort beaucoup plus facilement et sa tête est bien maintenue grâce aux pans de l’écharpe.

Toutefois, pour les longs trajets elle me conseille d’acheter également une poussette. Pratique pour les longues balades, et moins fatiguant. Parce que porter son enfant près de son corps c’est agréable pour se sentir proche de lui mais au bout d’un moment, ça pèse les petites crevettes ! Pour éviter le mal de dos, mieux vaut investir dans une belle poussette, quitte à la prendre « tout terrain ». On ne sait jamais, si l’envie me prenait d’aller faire un jogging tout en promenant mon bébé, à la « Charlotte dans Sex and the City ».

1. Livre : « Porter mon bébé » de Jean Cortet, 19,90 euros. 2. Poussette Rider Reverse de Jane, 759 euros. 3. Poussette Mirage Plus de Graco, 115 euros. 4. Porte bébé Freestyle de Tomy, 75 euros.

Site : jeportemonbebe.com et www.coreanne.com

Après les aspects techniques, vient la question de l’éducation. Ne sachant pas encore quel genre de parents nous voulons être mon amoureux et moi, j’ai essayé de me renseigner auprès d’une personne plus indiquée telle que ma copine Louise, psychologue clinicienne spécialisée dans l’enfance. La mère anti-fessée par excellence. J’avoue que j’ai un peu la trouille quand je lui demande pourquoi il faudrait interdire la fessée. Pour moi, elle a fait parti des moyens de pression employés par mes parents pour que je me tienne à carreaux. Au final, même si j’en ai reçu deux dans ma vie (c’est bien le maximum), pour mon père, c’était une manière pour lui de nous faire peur et pas une fin en soi. Alors pourquoi remettre en cause cette pratique ancestrale ?

Louise m’explique que 2 enfants meurent en France chaque jour suite à des violences familiales. Tout de suite, ça calme. Aujourd’hui, des pays tels que la Suède ont déjà interdit toute punition corporelle et ont vu diminuer la mort infantile due à la maltraitance et les placements d’enfants en foyer, réduire de 26%. Ça laisse à réfléchir. Ces données montrent que la fessée n’est pas qu’une affaire privée au sein de la famille mais qu’elle a des conséquences sur l’ensemble de la société.

Quand je demande à Louise « Oui mais, sans la crainte de la fessée, quel autre moyen de pression je peux avoir ? » elle me répond du tac au tac « Pourquoi avoir obligatoirement recours à un moyen de pression pour te faire respecter de ton enfant ? ». Elle m’explique qu’il existe d’autres manières d’instaurer un respect, grâce à la parole. Expliquer pourquoi il n’a pas le droit de faire telle ou telle chose fonctionne bien mieux qu’une tape sur la main ou qu’une fessée pour lui faire comprendre. C’est vrai que lorsque je vois comment son petit bout d’chou de 3 ans est bien élevé et gentil je me dis qu’instaurer une crainte de la fessée entre moi et mon enfant n’est peut-être pas la bonne solution. Louise me conseille des livres pour mieux comprendre ses propos et me faire ma propre opinion sur le sujet.

« La fessée, 100 questions-réponses sur les châtiments corporels » d’Olivier Maurel 11,40 euros.  « C’est pour ton bien » d’Alice Miller, 17,10 euros.

Par ailleurs, je lui ai emprunté le dvd du film « Away we go » de Sam Mendes. Avec le futur papa, nous nous sommes visionnés ce petit bijou à mourir de rire qui retrace les aventures d’un couple qui attend leur premier enfant. Partant en road trip à travers les Etats-Unis en quête de savoir quels parents ils veulent être, ils découvrent toutes sortes de familles bizarres et atypiques. Le côté positif de ce film c’est qu’il nous aura montré quels parents nous ne voulons PAS être ! Et c’est peut-être ça le principal : je ne sais pas encore quelle maman je veux devenir mais je me prépare à être au top !

Par Alice Hermil

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