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Homosexualité chez les stars : le gros tabou du showbiz

Ecrit par Justine Andanson
le 26 janvier 2011

Même en 2011, il n’est toujours pas facile d’assumer au grand jour son homosexualité. Et encore plus quand on est une star, où les lois du business sont impitoyables. Alors qu’elle est tolérée dans certains milieux comme la mode, où l’on en joue beaucoup parce c’est « fashion », l’homosexualité reste malgré tout encore taboue […]

Même en 2011, il n’est toujours pas facile d’assumer au grand jour son homosexualité. Et encore plus quand on est une star, où les lois du business sont impitoyables. Alors qu’elle est tolérée dans certains milieux comme la mode, où l’on en joue beaucoup parce c’est « fashion », l’homosexualité reste malgré tout encore taboue dans le showbiz, notamment dans la chanson et le cinéma, à tel point que certains artistes préfèrent se taire pour pouvoir continuer à vendre des disques et obtenir des premiers rôles, par peur d’être mis au placard.

Si certaines mentalités sont aujourd’hui en train d’évoluer, c’est loin d’être le cas à Hollywood. Derrière son côté glam’ avec ses strass et ses paillettes, se cache une mentalité qui semble profondément homophobe et conservatrice. Le milieu le plus redoutable pour les homos est sans doute celui du cinéma.

A Hollywood, les acteurs qui ont fait leur coming-out ont attendu des années avant de révéler leurs préférences au grand jour, car ils avaient très peur d’être totalement « out » par la suite. C’est vrai que pour la majorité, on les considère de moins en moins, leur carrière arrive au point mort, et s’ils ont de la chance, ils se voient proposer des rôles de gays, mais jamais d’hétéros, et encore moins de premier rôle ! Du jour au lendemain, ils passent de la lumière à l’ombre. Au final, c’est plus un « leaving-out » qu’un « coming-out »…

La preuve, depuis qu’ils ont dévoilé leurs tendances sexuelles, Rupert Evrett en a marre de se voir refiler uniquement des rôles de gays, et Portia de Rossi, révélée par la série « Ally McBeal » où elle jouait une blonde scandaleusement séductrice, n’est plus aujourd’hui que « la femme de la célèbre présentatrice américaine Ellen DeGeneres. Bref, révéler son homosexualité, c’est prendre le risque de tout perdre.

Rupert Evrett

Pourquoi ? Parce que qui dit Hollywood, dit glamour et vie rêvée. Un cliché ancré depuis toujours, qui fait que l’on aime s’identifier aux stars qui défilent sur tapis rouge. Mais dans la ville du showbiz, le cliché veut que glamour et homosexualité ne fassent pas bon ménage, parce que justement, chacun a ses propres clichés. Glamour, c’est la beauté, la réussite, l’épanouissement ET l’hétérosexualité. Du coup, les gays on les met de côté, parce qu’on a peur que le public rejette les films dans lesquels les homos ont la vedette dans des rôles d’hétérosexuels, ou même qu’il s’identifie à eux, car les gays renverraient une mauvaise image. Une idée reçue qui n’est pas uniquement défendue par la sphère people ; certaines personnes encore aujourd’hui associent l’homosexualité aux personnes moches, grosses et dépressives.

Portia de Rossi

Pourtant, de plus en plus de stars sortent du placard, et ont le courage et la force d’assumer qui ils sont et ce qu’ils ressentent, car ils ne supportent plus de vivre en permanence dans le mensonge. Aussi on pensera au latino Ricky Martin qui a récemment fait son coming-out, après des années de silence, pendant lesquelles on lui a collé cette étiquette de « tombeur de ces dames ». Il représentait un fantasme absolu, toutes les femmes le voulaient dans leur lit.


Ricky Martin

Cette image, Ricky a dû l’entretenir pendant une grande partie de sa carrière, pour ne pas retomber dans l’anonymat. Les femmes devaient avoir envie de lui, et par la même occasion, d’écouter ses disques. Alors il a joué le jeu de séducteur invétéré, fou de la gente féminine. Mais aujourd’hui, le beau latino est passé aux aveux : lui, c’est les messieurs qui l’excitent !

Il y a donc ceux qui s’assument, et ceux qui ont contraire semblent préférer nier. Lors des Golden Globes le 16 janvier dernier, Ricky Gervais, l’animateur de la cérémonie, a d’ailleurs prononcé une phrase qui a fait l’effet d’une bombe. Selon lui, certains acteurs n’assumeraient pas leur homosexualité, et par « certains » il entendrait Tom Cruise et John Travolta. Vérité ou pure intox ? Seul l’avenir nous le dira.

Au final, en révélant leur homosexualité, ces artistes prennent un risque, qui généralement leur coûte leur carrière. On va même jusqu’à proposer des rôles gays à des hétéros, balayant complètement les homos à leur insu, qui cherchaient juste à se sentir mieux dans leur vie.

Pourtant à Hollywood, on aime bien jouer de l’homosexualité, parce que ça plaît toujours lorsque Britney et Madonna, ou Sandra Bullock et Scarlett Johansson se roulent une pelle en direct, ou quand Katy Perry chante qu’elle a embrassé une fille, et qu’elle a aimé ça. Quant à la série « The L Word », qui raconte la vie et les amours d’un groupe de femmes lesbiennes, bisexuelles ou transsexuelles, elle fait un véritable carton aux Etats-Unis.

Alors quoi ? On adhèrerait aux lesbiennes uniquement dans le but d’exciter les mecs, surtout lorsqu’elles sont célèbres et qu’elles sont 100% hétéros ? Alors qu’en réalité, les « vrais » gays et lesbiennes seraient mis à l’écart ? C’est plutôt contradictoire tout ça… 

Aujourd’hui faut-il taire ce que l’on est pour réussir ? Dans le monde du showbiz, il semblerait que oui. Un peu cher payé quand même.

Par Elodie Cohen Solal

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