MODE

Dress code spécial job: ce que nos fringues disent de nous

Ecrit par Mégane Breton
le 3 octobre 2017

On part d'un postulat: la façon dont on s'habille parle pour nous, de nous, et même de notre job, de notre position et ce, au vu des usages, des croyances, des préjugés. Qu'on bosse dans une banque, à la compta dans une entreprise, dans un hôpital, créa en agence de pub, on passe en revue nos différents dressing et on arrive à comprendre ce que nos fringues disent de nous au travail. On a souvent tendance à partager son dressing en deux : celui du quotidien, des sorties entre copines ou pour aller au square avec les enfants et celui pour lequel on opte entre 8H et 19H. En un coup de baguette magique, on se transforme en véritable working girl. À la fois Dr Jekyll et Mister Hydde, on joue de notre apparence pour suivre certains codes ou pas, imposés par la société.

La façon de s’habiller peut sembler être un sujet totalement creux et superficiel. Il n’en est rien. Véritable étendard, elle dit beaucoup de choses et est utilisée depuis des décennies comme moyen d’expression et devient aussi un outil pour lutter contre la répression ou autre chose. La mode est certes, une tactique d’intégration, permettant de s’imposer dans un groupe, fonction sociétale mais elle se révèle aussi, en 2017, être un pour s’affranchir, se sentir bien, se faire plaisir, fonction personnelle. Appartenance à une caste ou s’en émanciper, revendiquer une opinion politique, sociale, religieuse ou encore, bousculer les codes, la mode est utilisée de moult façons, mais suit, étonnamment les mêmes diktats depuis de longues années dans le milieu professionnel. Bureau, agence, grand magasin… Les habitudes ont la vie dure quand il s’agit de rester conforme à la sphère professionnelle.

Le style vestimentaire, scruté par la hiérarchie 

Bien que les femmes soient libres de porter ce que bon leur semble depuis 1909, il n’est pas toujours évident d’imposer son style et de faire fi des convenances bien ancrées, surtout lorsque l’on exerce certaines professions. Port du talon obligatoire, interdiction du pantalon et risque d’être brûlée sur la place du village si l’on ose mettre un jean, nous ne sommes pas toutes logées à la même enseigne. Le monde du travail reste, à l’heure actuelle encore très genré. Suivant le milieu, les femmes doivent porter des vêtements « féminins », à savoir jupe et stilettos sous peine d’être gentiment remerciée (cf : rébellion de Nicola Thorp, réceptionniste Anglaise, licenciée pour avoir retiré ses talons au bureau). De plus en plus de femmes décident de se révolter contre cette forme d’uniformisation au bureau, qui plus est, se trouve être la plupart du temps discriminatoire.

La mode, révélatrice d’ambition ?

La façon de s’habiller au travail révèle également nos ambitions. Carapaces ou tenue digne d’un combat, ce que l’on choisit de porter dépend de notre statut dans l’entreprise afin d’assoir sa légitimité. Un jeune salarié aura tendance à se tourner vers des fringues vieillissantes par exemple. Le mimétisme joue un rôle important dans nos choix vestimentaires. Il permet de nous parfaire au moule instauré par la société dans laquelle on travaille. Le monde du travail n’est pas sans rappeler nos années collège. Chacun essaie de suivre la tendance imposée par les personnes les plus influentes (ici n+1) afin de se faire accepter. La réunion de l’année a lieu demain ? Prête à parier que vous enfilerez vos talons les plus hauts pour vous imposer et vous sentir plus confiante. La mode permet d’être qui l’on souhaite devenir. En empruntant les codes du vestiaire masculin, veste, chemise, pantalon à pinces, certaines femmes se sentiront plus à même d’assoir leur autorité, triste d’en arriver encore là. À l’inverse, décider de porter une tenue ultra féminine (jupe courte, talons hauts, maquillage) permet d’entrer dans un jeu de séduction avec ses interlocuteurs (féminin comme masculin) pour convaincre.

Un look défini pour chaque secteur 

Que l’on bosse dans une branche créative ou au contraire dans la finance, le look à adopter ne sera évidemment pas le même. Véritable vecteur, le look peut se trouver imposé très rapidement par une sorte de pression sociale. Si vous bossez dans la mode ou comme graphiste, plus vous vous montrerez originaux et affirmerez votre personnalité, mieux votre look sera perçu comme un gage de créativité. Le dress code reflète aussi l’attention que vous portez à votre clientèle. Si vous travaillez dans une banque ou comme avocate, et que vous vous retrouvez face à des personnes extérieures à l’entreprise, la tenue que vous adopterez représentera donc votre travail, votre société et par association d’idées, vos compétences et capacité à fournir un travail de qualité.

La pression du cool 

À l’heure ou les start-up fleurissent à chaque coin de rue, et où les nouveaux salariés des entreprises sont issus de la génération Y ou sont carrément des millénials, le cool n’est clairement plus une option mais devient presque une obligation. Le sportswear vient petit à petit remplacer le workwear. L’uniforme classique, -que l’on s’impose la plupart du temps à soi-même- est désormais un jean, une paire de sneakers et T shirt à message. Les cheveux sont teint en rose, bleu, violet, les piercings autorisés et tatouage encouragés, la créativité et la mise en avant de sa personnalité ne sont plus négociables. À l’image d’une génération qui s’affranchit de jour en jour des codes imposés par la société, la mode au travail évolue avec elle.

Mais si l’apologie du cool vestimentaire est désormais prônée, ne serait-elle pas devenue la nouvelle norme imposée dans les bureaux même dans le travail?

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