sexualita

J’ai envie mais pas lui …

Ecrit par Justine Andanson
le 1 septembre 2008

Ce genre de situation nous est certainement déjà arrivée à toutes un jour ou l’autre : on est là, excitée comme une bête, en face d’un Jules qui ne relève pas et, pire, cherche à esquiver et à nous repousser ! Et oui, il arrive que les mecs ne veuillent parfois pas faire l’amour, même […]

Ce genre de situation nous est certainement déjà arrivée à toutes un jour ou l’autre : on est là, excitée comme une bête, en face d’un Jules qui ne relève pas et, pire, cherche à esquiver et à nous repousser ! Et oui, il arrive que les mecs ne veuillent parfois pas faire l’amour, même lorsqu’on les sollicite avec insistance. Comme quoi ils ne sont pas toujours assoiffés de sexe comme on se plait à le croire… Et quand ça arrive, on ne peut s’empêcher de se poser tout un tas de questions : pourquoi il n’a pas envie ? Je ne lui plais plus (aurait-on grossit ? un gros bouton ?), il ne m’aime plus, je pue ?? Puis, il faut bien le reconnaître, c’est tout simplement archi frustrant !!! Surtout quand on a ça ne tête depuis toute la journée, qu’on s’est sapée-épilée-maquillée au top et qu’on a préparé un super repas (aphrodisiaque bien sûr) : le refus ou le manque de sexe ça angoisse grave les filles !
Bon, avant de dramatiser la situation, admettons que ça peut arriver à tout le monde d’être super fatigué et de ne pas avoir l’envie (ou plutôt la force) de faire l’amour, là, il n’y a vraiment pas de quoi fouetter un chat et en remettre une couche en lui faisant remarquer, risque de déboucher sur une engueulade inutile. Surtout après une journée de taf stressante où notre mec a passé son temps à dealer sur des valeurs boursières (hum ce n’est pas forcément le bon plan en ce moment…), à effectuer des taches fatigantes (sport, boulot de docker) ou à s’engueuler avec ses collègues. Bref, passons : les mecs ont bien le droit eux aussi d’avoir mal à la tête de temps en temps et d’user de ce genre excuse pour déguiser un manque de pêche.
Ensuite, il faut voir : si le problème est devenu récurent alors que jusqu’à présent il « tenait le rythme », on peut commencer à se poser des questions. A ce propos, certaines recherches ont montré que l’influence hormonale entre deux partenaires avait tendance à s’estomper au bout de trois ans (l’amour ne durerait donc que trois ans comme le dit si bien ce cher Frédéric Beigbeder) : ce qui risque d’entrainer une diminution de l’attraction sexuelle et du désir par conséquent. Les causes psychologiques impactent aussi beaucoup sur la libido : les intersaisons, les coups durs, les problèmes (manque d’argent, stress pour une promotion, tracas familiaux…), l’arrivée d’un bébé… Tout ceci peut entraîner un manque d’envie de faire l’amour puisque les facultés cognitives sont excessivement mobilisées sur d’autres plans.
Après, qui dit manque de désir peut dire aussi manque d’amour, et si le couple battait de l’aile ? Et si l’on est trompée ? Bien que l’on ne puisse à 100% mesurer le degré d’attachement avec le nombre de galipettes, il est vrai que s’il y a encore quelques mois c’était l’orgie romaine tous les soirs et que désormais, sans aucune autre raison apparente, c’est plutôt devenu « soirée pyjama », il y a peut être un os. Avant de commencer à traquer les moindres faits et gestes de son mec, on peut tout simplement essayer de faire un petit bilan de la situation et noter les éventuels changements comportementaux. Par la suite, il est préférable de parler ouvertement de ses doutes et de ses questionnements. L’important est donc d’en parler sincèrement sans harceler et culpabiliser son partenaire (ce qui aurait l’effet du pire). Il se peut qu’il soit tout simplement dans une mauvaise passe ou alors que quelque chose cloche réellement dans votre couple.
Autre possibilité : s’il est comme ça depuis le premier jour, c’est peut être tout simplement dans sa nature où le sexe n’est pas une priorité pour lui. D’ailleurs, sachez par exemple que les personnes que l’on nomme asexuelles n’ont pas ou très peu de désir. Il peut aussi être complexé soit par la taille de son sexe, par la survenue de pannes ou alors par de mauvaises expériences dans le passé : le but en lui parlant sera donc de le rassurer un max sans non plus le « débiliser » (attention à ne pas jouer à la « maman »). Dans ce cas là, nous sommes plus dans une configuration « tu peux ou tu peux pas ? » que « tu veux ou tu veux pas ?». Mais attention, s’il s’agit d’une difficulté sexuelle passagère, ce n’est pas non plus une raison pour gaver votre mec de Viagra (surtout s’il a 25 ans) ! Une consultation chez le médecin ou chez un sexologue peut toujours être envisagée.
Ce peut être aussi, et c’est malheureusement souvent le cas, un manque de plaisir : effectivement, ce n’est pas parce qu’un homme éjacule, qu’il ressent forcément beaucoup de plaisir pendant qu’il fait l’amour (chez nous, on parlera de frigidité, de sécheresse vaginale douloureuse…). Et l’absence de plaisir durant l’acte sexuel reste très difficile et à reconnaitre et à verbaliser à son partenaire ce qui va entrainer inexorablement une baisse de désir et un relâchement dans les relations sexuelles. De plus, cette baisse de désir risque de se confronter à un sentiment « d’obligation » de répondre aux attentes sexuelles de son partenaire ce qui va entraîner des stratégies d’évitement : on aura mal à la tête, autre chose à faire ou on proposera des activités alternatives (sport, sorties…).
En dernier lieu, il faut savoir que certaines personnes voient dans la fréquence de leurs rapports sexuels une manière de se rassurer sur l’état de leur couple et aussi… sur eux-mêmes (quant à leurs performances). Le fait de faire l’amour tous les jours n’est pas une obligation et voir le rythme diminuer au fil du temps est tout à fait normal car après l’attraction sexuelle de la découverte initiale des premiers jours, va s’installer un rapport beaucoup plus intellectuel entre les partenaires, un véritable rapport amoureux à travers la découverte de l’autre. Même si on se plait à dire que la moyenne française des rapports sexuels hebdomadaires serait de trois fois par semaine, il n’y a pas de seuil de normalité du nombre de fois où l’on doive le faire. En se forçant, on ne se prouve rien et il vaut mieux éviter de vouloir faire l’amour à tout prix en adoptant une approche mécanique et peu sentimentale de l’acte. Une redécouverte plus sensuelle peut aider à consolider un couple qui subit ce genre de problèmes. On peut aussi se poser la question de ses propres exigences sur ce point : n’en demande-t-on pas de trop à son partenaire ?
Une libido raplapla peut donc avoir de multiples origines : fatigue, maladie, tromperie, manque d’intérêt pour « la chose » ou tout autre chose en tête. Conjuguer les appétits sexuels dans un duo peut être délicat et les méandres du désir sont plutôt complexes ; il ne faut surtout pas oublier que les problèmes de couple se résolvent avant tout par leur verbalisation : parler de ce qui nous tracasse, même de problèmes a priori « bloquants » comme les difficultés sexuelles, c’est avant tout se positionner dans une relation adulte mais aussi de confiance.

Pour conclure sur une note positive, voici une petite histoire : c’est Monsieur Tortue et Madame Tortue qui ont des rapports sexuels environ tous les 10 ans en moyenne… Un soir, Madame Tortue, tout excitée, commence à « chauffer » Monsieur Tortue qui, un peu choqué, lui répond : « hé, j’suis pas une machine moi ! »…

Par Ariane-Isabeau Noël

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