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Ces femmes mûres en quête de soleil … et de sexe

Ecrit par Justine Andanson
le 1 juin 2010

Peut-être avez-vous vu le film « Vers le Sud » où deux Américaines (dont Charlotte Rampling) retrouvent comme chaque année les charmes d’une magnifique île paradisiaque : plage de sable fin, mer turquoise et cocotiers. Mais ces deux femmes en mal de tendresse viennent également se repaître de la jeunesse locale, notamment d’un beau jeune […]

Peut-être avez-vous vu le film « Vers le Sud » où deux Américaines (dont Charlotte Rampling) retrouvent comme chaque année les charmes d’une magnifique île paradisiaque : plage de sable fin, mer turquoise et cocotiers. Mais ces deux femmes en mal de tendresse viennent également se repaître de la jeunesse locale, notamment d’un beau jeune homme de 18 ans… Ce film qui sait rester suffisamment pudique sans jamais rentrer dans le voyeurisme trop courant sur de tels sujets, a lancé un véritable pavé dans « la mare aux vacanciers » en mettant en exergue la recherche de sexe de certaines quadras ou quinquas (voire plus) occidentales. A mi-chemin entre le tourisme sexuel pur et l’envie (ou l’illusion) de se faire aimer et de plaire, cette thématique reste encore tabou et en parler suscite le plus souvent des réactions fortes et polémiques. Et pourtant, ce phénomène existe et se serait même grandement développé au cours de ces dernières années qui ont vues les prix des séjours exotiques devenir de plus en plus accessibles. Petite esquisse autour de cette question :
Le tourisme sexuel désigne le fait pour une personne de voyager dans le but d’avoir des relations sexuelles avec des autochtones, la plupart du temps contre une rémunération financière. Ces relations peuvent être des prostitué(e)s ou des locaux cherchant eux-mêmes des relations sexuelles pour obtenir un bénéfice pécuniaire étant autrement sans ressources. Notons, que pour de nombreuses personnes, le tourisme sexuel ne correspondrait exclusivement qu’à des rapports adultes/mineurs mais nous voyons que cela est loin d’être le cas. Ce phénomène est un fait majoritairement masculin, généralement issu des pays occidentaux vers des pays sous-développés ou en voie de développement (Afrique, Asie, Amérique du sud…). Mais certaines femmes occidentales prennent également des « vacances » essentiellement dans des pays d’Afrique comme le Sénégal, Madagascar, la Gambie, le Cap Vert, la Tunisie, le Marco et le Kenya ou dans les îles caribéennes où elles trouveront des jeunes hommes qui vivent en leur proposant leurs services.
Alors qui sont ces hollandaises, ces anglaises ou encore ces françaises (ne nous voilons pas la face) qui auront un comportement « irréprochable » toute l’année et l’espace d’une ou deux semaines dans les îles consommeront du sexe à gogo ? Elles ont la quarantaine passée, sont souvent seules, récemment divorcées ou se sentent « insatisfaites » dans leur couple et occupent tous types de positions sociales (même si les destinations choisies et la qualité des « prestations » seront bien évidemment fonction de leur niveau socio-économique). Que recherchent-elles ? Une destination non seulement prisée pour son soleil et sa mer azur certes mais aussi pour son dépaysement sexuel. Pour tenter de retrouver leur jeunesse passée, l’ardeur d’un amant de 20 ans, se sentir valorisées ou encore dominer ne serait-ce que par le pouvoir de l’argent un homme. Le tout sans conséquences ou presque pour une semaine en All Inclusive (sexe pratiquement « compris » donc…) à 600 Euros à Punta Cana. Bien entendu, il faut regarder aussi du côté de ces jeunes hommes qui issus souvent de pays défavorisés où leur avenir est très incertain, recherchent une occidentale aisée qui à défaut de les ramener chez elles, leur apportera argent et compensations leur permettant de mieux vivre. Quitte à donner de leur personne, mentir et flatter…
Cet aspect de « tourisme sexuel » est cependant très minimisé : peu de femmes qui se rendent dans ces pays avec ce but n’osent avouer leurs intentions réelles (même si l’entourage est implicitement au courant). Et quand le fait est avéré, on parlera alors plutôt de « sympathie » ou d’« amitié » plutôt que de sexe. On dit aussi que la plupart de ces femmes n’oseraient jamais ou ne voudraient pas approcher en Europe un homme de couleur. L’hypocrisie féminine serait-elle plus grande que celle de ces hommes qui partent en Asie s’offrir des vacances à visée sexuelle ? Misons tout d’abord sur l’hypocrisie plus générale du marché du sexe (comme les bordels allemands appelés « salons de massage » pour déculpabiliser leurs clients). Mais évoquons également que, dans ces vacances, il y a un côté permissif attisé par l’exotisme de la nouvelle destination où l’on s’imagine que les règles et la morale ne sont pas les mêmes qu’en Occident et où la pauvreté autorise tout : l’argent est roi et compromet tout le monde. Après tout, l’état de gigolo est loin d’être nouveau, c’est juste la destination qui est un peu plus lointaine (et loin des regards).
Notons qu’il ne faut pas confondre tourisme sexuel et amour de vacances qui comme dans toutes les destinations touristiques peut frapper. Si l’on voit un couple composé d’une femme de 60 ans et d’un jeune éphèbe de 20 ans, il sera difficile d’y croire mais cette femme pourra très bien être subjuguée par cet homme y retrouvant ses jeunes années et sa beauté disparues. On parlera ici plutôt de profonde naïveté que d’autre chose. Mais, il est certain que la grande majorité de ces « voyageuses » savent exactement ce qu’elles font, avec qui et contre quoi. Elles gèrent leur séjour avec minutie et pas question de se laisser embobiner par des histoires d’amour : elles viennent pour leur plaisir, elles paient (souvent de manière détournée avec cadeaux et gratifications) et elles repartent. Ici donc, pas de sentimentalité mais plutôt « un échange de bons procédés » comme règle fondamentale de ce jeu de dupes : « elle » en retire une satisfaction sexuelle voire psychologique et « lui » va se procurer de l’argent et/ou des biens matériels.
Le besoin d’amour, de se sentir valorisée ou d’avoir la douce illusion de plaire encore touche toutes les femmes, même les plus âgées d’entre-nous.Alors pourquoi s’en priver même s’il faut payer pour cela car hormis un impact psychologique certain, est-ce vraiment si coûteux pour les deux parties ? D’aucuns relèveront que ces situations sont aussi malsaines d’un côté comme de l’autre : le jeune homme qui cherche à obtenir de l’argent même en couchant avec une « vieille », l’européenne qui profite de ce besoin pour se payer du bon temps. D’autres nous diront que ce n’est pas si grave puisque tout le monde y trouve son compte et que personne n’est véritablement forcé de le faire à la différence d’une prostitution exotique (voire d’une pédophilie) beaucoup plus glauque et largement plus répandue. Malgré le fait que cette situation nous gêne assurément, nous ne nous ferons pas juges. Tout ceci traduisant la réalité d’une certaine population masculine jeune séduite par le rêve de « vivre comme en Occident » parce qu’étouffant dans ces « paradis tropicaux » hantés par la misère ou la dictature. Mais traduisant aussi la réalité de ces quinquas esseulées et hantées par leur beauté et leur jeunesse perdues parce qu’étouffant sous les diktats de la mode et de l’esthétique. C’est la croisée du vécu de ces deux parties : le Nord et le Sud.

Sources : Wikipédia, Allocine.fr

Par Ariane-Isabeau Noël

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