nana

Un an après avec notre nana de l’été 2009, Barbara

Ecrit par Marie TERRY
le 29 juillet 2010

Souvenez-vous, c’était notre nana de l’été dernier… elle partait 3 ans avec armes et bagages, traduisez avec son mari et ses enfants faire le tour du monde en bateau.Elle avait accepté de répondre à nos questions d’AVANT voyage et elle a encore accepté de nous écrire un bilan après un an passé sur les flots, […]

Souvenez-vous, c’était notre nana de l’été dernier… elle partait 3 ans avec armes et bagages, traduisez avec son mari et ses enfants faire le tour du monde en bateau.Elle avait accepté de répondre à nos questions d’AVANT voyage et elle a encore accepté de nous écrire un bilan après un an passé sur les flots, bilan qu’elle dresse  PENDANT ce voyage qui continue. Et on attend l’APRES voyage mais il faudra patienter  2 ans.

Merci Barbara de ta gentillesse. On te lit avec plaisir car tout est écrit que pour nous, les nanas de TrucdeNana et tu as tout abordé très spontanément.

Un an après avoir quitté la Rochelle le 4 août 2009 sur notre catamaran familial, me voila en Polynésie Française, soit un peu plus  de 26 000 kms parcourus,
(ou 14 052 milles nautiques pour les initiées). Cette année a été dense, riche, parfois difficile, mais unique, à bien des égards, et surtout un an après,
l’important est que je reste partante pour boucler la boucle, encore deux années de voyage pour rallier La Rochelle en juin 2012. 

Les découvertes

Géographiques :

Depuis que nous avons quitté le port de la Rochelle, nous nous sommes arrêtés au Portugal, à Madère, aux Canaries, au Sénégal, aux îles du Cap Vert, avons traversé
 l’Atlantique, sommes arrivés  au Brésil, puis sommes remontés vers la Guyane Française, Tobago et Trinidad (pour le carnaval), les Tobagos Cayes, la Martinique,
les îles vénézuéliennes (Las Roques, Los Aves), les San Blas, (îles du Panama), avons passé le canal de Panama, nous sommes arrêtés aux îles Perlas, puis aux Galápagos, enfin la Transpacifique jusqu’à la Polynésie française. Nous avons touché terre pour commencer dans l’archipel des Gambiers, puis découvert le magnifique archipel des Tuamotus, archipel d’atolls ( îles coralliennes) et à présent nous sommes dans les îles de la Société, c’est-à-dire Tahiti et ses petites sœurs.

Pour plus de détails sur les escales : www.voilierjangada.com

Maritimes :

Ce que j’aime avant tout dans le voyage, ce sont les découvertes, les rencontres, bref les escales. Je ne suis pas « marin » dans l’âme, et de longues périodes
en pleine mer (15 jours pour la traversée Galapagos- Gambier) sont difficiles à vivre pour moi. Pourtant j’ai la chance d’avoir un mari marin confirmé  en qui j’ai une confiance absolue, et désormais il y a aussi mon fils qui est devenu le vrai second du bateau, efficace et fiable.

Cela n’empêche, la pleine mer au bout d’un moment me tape sur le moral, je trouve le temps long et je broie facilement du noir. Le manque d’exercices physiques m’est particulièrement pénible, je suis la plupart du temps assise ou allongée, moi qui aime bouger, nager, randonner… Mais, Ouf aujourd’hui les grandes traversées sont derrière moi, (Atlantique et le « gros » du Pacifique). Certes il reste encore des milles à courir avant de rentrer à l’écurie, mais avec des escales plus régulières et des traversées moins longues.

Bien sûr, j’ai quand même progressé en matière de navigation, je sais lire et comprendre  les cartes météo et me servir de la plupart des appareils de navigation de bord. En manœuvre, mon poste est celui de barreuse, mais je ne fais jamais ça avec sérénité et plaisir. Pour moi cela reste un univers souvent hostile devant lequel je suis plutôt hermétique et me sens toute petite chose…

Familiales :

Se retrouver à  quatre (papa, maman et 2 enfants) du jour au lendemain sur un bateau, 24h/24, 7j/7, n’est pas chose si simple. Il nous a fallu quelques mois avant de prendre tous nos marques, de respecter le terrain de chacun. Incontestablement aujourd’hui notre cellule familiale s’en trouve renforcée.

Nous nous connaissons bien, très bien désormais. Très peu de perturbations extérieures nous assurent une cohésion forte, nous sommes toujours sur la même longueur d’onde. Le revers : parfois un manque d’oxygène entre nous qui peut être étouffant, mais heureusement les escales et les rencontrent sont là pour y pallier. Nous nous forgeons des souvenirs communs forts et riches qui j’espère, nous souderont pour toujours…

Être également la professeur et la maman, n’est toujours simple à assumer ni à assurer. Mais le passage de nos deux enfants en classe supérieure (et même un saut de classe pour notre deuxième) me rassure sur mes compétences à enseigner. Pour plus de détails cf billet N° 65 du blog, entièrement dédié au Cned.

Conjugale :

A terre, nous avions chacun nos jobs, nos activités, nos chasses gardées…à bord, nous partageons tout, tout le temps. De tempérament plutôt affirmé chacun, il nous a fallu quelque temps pour trouver un nouveau modus vivendi. De plus du jour au lendemain, je me suis retrouvée dans un univers qui n’était pas le mien, alors que c’était celui par excellence de mon mari. Et à bord comme chacun sait, il n’y a qu’un maître à bord…alors vous pouvez imaginer les clashs du départ.
Sur un bateau les ordres sont donnés haut et fort, on n’oublie les formules de politesse et on fait au plus précis, …au bout de quelques mois on finit par trouver la chose compréhensible et normale…quoiqu’un peu plus de rondeur dans les formulations serait sans doute appréciable.

Logistique :

Nous avons opté pour un voyage plutôt genre « aventureux », ou plus précisément loin des circuits classiques et avec pour volonté de partir à la découverte des autres. Ce type de voyage apprend l’humilité, la modestie et permet de découvrir toute la richesse des autres peuples.

Il a donc fallu s’adapter au contexte, s’organiser sans frigo (nous avons eu des soucis avec le froid dès le départ et n’avons eu de frigo qu’en Martinique…)en Afrique… se nourrir de poisson et de riz la plupart du temps, s’approvisionner quand cela était possible avec les denrées locales…et oublier le choix et la diversité de nos supermarchés français si bien achalandés.
Prendre les traitements adaptés anti-palu, dans les zones à risques, ( Afrique).
Jongler avec les escales et le calendrier des envois des évaluations du Cned.

Nana :

Dès le départ, une de mes inquiétudes était le laisser aller insidieux qui pouvait s’installer à bord. Pour l’avoir souvent constaté, sur les bateaux en voyages au long cours, au bout de quelque temps, on se néglige un peu, sans vraiment s’en rendre compte. Le tee-shirt troué et le maillot déformé deviennent l’uniforme de base, avec quelques poils aux pattes, et le cheveu filasse. C’était ma hantise, je suis coquette, et j’apprécie une certaine tenue. Alors j’avais pris les devants, épilation définitive au laser avant le départ, pour être débarrassée une bonne fois pour toute de ce fléau, (juste quelques raccords tous les 6 mois en escale).

Au Cap Vert, je me suis coupée les cheveux au carré, bien plus pratique pour l’entretien (en bateau, une des grosses contraintes demeure l’eau douce, qu’il faut savoir gérer rigoureusement).

J’essaie de faire très attention au soleil, heureusement pour moi, j’ai une peau mate, mais cela n’empêche, en mer je suis le plus souvent à l’ombre dans le cockpit du bateau, en escale j’utilise des crèmes protectrices de qualité indice 50 pour les mains, le visage, le cou et le décolleté. Enfin je me dépars rarement de bon chapeau de paille aux larges rebords très protecteur, que j’ai trouvé à Salvador des Bahia, au Brésil.

J’avais pris des quantités de crèmes hydratantes pour le corps, pensant avoir la peau qui sécherait vite. En réalité pas du tout, nous utilisons l’eau du dessalinisateur du bord (qui transforme l’eau de mer en eau douce) et celle-ci n’est pas du tout calcaire. Aucun problème de sécheresse au niveau de la peau.

Une crème de jour de temps en temps… et en ce moment dans les îles, un peu de Monoï sur le corps, surtout pour sentir bon. Pour me parfumer, j’utilise plutôt des eaux de parfum, légère et acidulée, en faisant bien attention de ne pas m’exposer au soleil ensuite.

Pour les tenues de tous les jours, des tuniques légères et des tropéziennes ou les fameuses Havianas, achetées au Brésil. Depuis que nous sommes partis,
Je suis coupée de l’actualité et de la mode. Pour être tout à fait honnête, cela ne me manque pas. Je sais que dans deux ans, je retrouverai tout cela avec plaisir, mais chaque chose en son temps… En revanche, aux escales, je suis sensible aux vêtements et aux accessoires portés par les femmes, je complète parfois ma garde robe, qui reste somme toute très simple, des basiques, tee-shirts bien coupés dans des cotons fins, robes fleuries, l’incontournable short en jean…

Un bon stock de maillots de bain, car ils s’usent vite avec le soleil et s’envolent avec le vent. De bonnes amies à terre m’assurent le renouvellement du stock
 par petit colis que je trouve aux escales.

Conclusion :

Les « moins » :

–    l’éloignement de ceux qu’on aime, famille, amis…
–    les longues périodes en mer,
–    le cned parfois
–    l’isolement

Les « plus » :

–    savoir que je vis une expérience somme toute hors du commun
–    profiter pleinement et intensément  de mes enfants, de mon mari, de la « vie »
–    découvrir le monde et une petite partie de ses facettes
–    les rencontres
–    les liens tissés et entretenus avec les « reste à terre »

Bravo Barbara, tu nous as transportés dans ton univers avec tes mots simples, vrais qui ne trichent pas tu nous as fait passer des messages et nous allons y réfléchir,
nous qui sommes sur la terre ferme.Mais qui peut tanguer aussi !

Juste une chose encore même sans lire les plans mode de TDN, tu as tout juste dans ta garde robe.
Robe fleurie, short en jean et chapeau de paille, Tropéziennes et  Havaianas, rien que pour cela, on te dit bravo encore.

Merci de nous avoir donné ton site, les voyageuses dans l’âme pourront te suivre, toi et ta famille. Un petit coin de mer bleue dans notre quotidien, on adore!

Pour retrouver l’article de la nana de l’été 2009, rdv sur cet article.

Par Marie TERRY

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