musique

Notre rencontre avec John Mamann

Ecrit par Sabrina Cicchini
le 25 septembre 2012

Après avoir composé pour des artistes comme Louisy Joseph, Natasha St-Pier ou Johnny Hallyday, l’auteur-compositeur John Mamann sort son deuxième album « Fais pas la gueule John ».Entre deux sessions d’enregistrement, il nous a reçues pour une interview toute en sincérité. TDN : John, pourrais-tu te présenter à nos lectrices qui ne te connaissent pas encore ? […]

Après avoir composé pour des artistes comme Louisy Joseph, Natasha St-Pier ou Johnny Hallyday, l’auteur-compositeur John Mamann sort son deuxième album « Fais pas la gueule John ».Entre deux sessions d’enregistrement, il nous a reçues pour une interview toute en sincérité.

TDN : John, pourrais-tu te présenter à nos lectrices qui ne te connaissent pas encore ?

JM : Je m’appelle John Mamann, je suis un auteur-compositeur-interprète qui a envie de tout sauf de faire la gueule et qui d’ailleurs sort un album qui s’appelle « Fais pas la gueule John ».

TDN : Quel est ton style de musique ?

JM : Les jolies mélodies. Ça dépend des styles de réalisation mais c’est surtout les mélodies qui m’accrochent. Je peux aimer du hard rock, comme je peux aimer de l’électro, de la pop basique, du piano voix… A partir du moment où il y a une mélodie, je suis client.

TDN : Donc tes œuvres sont assez différentes les unes des autres ou il y a toujours un fil conducteur ?

JM : C’est toujours très acoustique. Je compose pas mal à la guitare pour mes projets personnels mais ce que j’aime faire pour moi peut être différent de ce que je peux écouter.

TDN : Est-ce que tu as des références ?

JM : Je suis fan de Gainsbourg pour les mélodies et les textes. J’adore James Taylor, Joni Mitchell. Mais c’est toujours assez varié. J’aime ACDC, je suis fan de The Police, des Beatles.

TDN : On ne peut donc pas dire que tu sois quelqu’un de fermé ?

JM : Je suis zéro fermé. En ce moment j’aime bien the Black Keys. Je trouve ça terrible.

TDN : Tu enregistres depuis quelques temps ton deuxième album qui devrait sortir au mois d’octobre ?

JM : On l’espère.

TDN : Tu avais déjà sorti un album en 2009 ?

JM : Oui, Mister Joe.

TDN : Qu’est-ce qui change dans le deuxième ? Les tonalités ?

JM : Pas tellement les tonalités. Dans l’ensemble c’est un peu l’album de la maturité. J’étais tout neuf dans ce métier quand j’ai fait le premier et j’avais des envies plus solaires à l’époque, peut-être moins précises, moins structurées. Le deuxième album est la digestion d’une trentaine d’années d’existence.

Un aperçu de sa musique avec son clip « Fais pas la gueule John! »


John Mamann – Fais Pas La Gueule John par John_Mamann

TDN : Parce qu’en trente ans tu as déjà fait pas mal de choses. A 18 ans, tu es parti de chez toi direction Montréal…

JM : Oui j’y suis resté près de sept ans, puis je suis parti à Miami.

TDN : Qu’est-ce qui s’est passé dans ta tête à l’époque ?

JM : Ce n’est pas que j’aimais pas ma vie, bien au contraire. C’est juste que j’ai toujours été très curieux. Montréal est une ville dans laquelle j’avais été plusieurs fois et j’étais très attiré par l’idée de vivre là-bas. Je suis parti un été en vacances deux mois en mode touriste, sac à dos, « je regarde ce qui se passe » et j’ai décidé d’y rester.

TDN : Puis tu t’es dirigé vers la Floride…

JM : Oui. C’est drôle parce que tu penses que tu vas rester que quelques mois à un endroit et tu t’attaches à des gens, à des lieux, tu t’investis, tu crées des choses que tu gardes, que tu abîmes, que tu changes, etc…

TDN : Mais quand tu es arrivé là-bas, comptais-tu faire fortune ? Ou c’était vraiment l’idée de te débarrasser de tes attaches ?

JM : Je ne suis pas fan de l’idée de fortune. Je suis vraiment fan de l’idée d’être heureux et épanoui. Forcément, quand t’es pas né dans un environnement où tout est juste super simple et facile et que t’as besoin de te nourrir par toi-même, c’est vrai que ça t’amène à faire des boulots, à faire des choses, à avoir des envies de travailler pour avoir une certaine sécurité mais très vite, t’es rattrapé par tes passions, ton vrai toi. J’ai eu beau faire tous les métiers du monde, un jour je me suis rendu compte que si c’était pas avec une guitare, une voix ou quelque chose de lié à la musique, je serais juste malheureux.

TDN : Justement, c’est ta passion pour la musique qui t’as conduit à retourner à Paris ?

JM : Tout à fait.

TDN : Une fois de retour, les années galère ont commencé ?

JM : Oui et non. J’ai eu des mois galère, des années galères qui étaient supers en même temps. Ce sont juste des beaux moments. Quand j’en parle avec du recul, je dis « quand je galérais ». En fait c’étaient des moments de création, où j’avais tous les doutes du monde. Dans ces moments, il y a juste toi qui peut croire en toi et t’aider à arriver à quelque chose dans ce métier magique et qui paraît quasi intouchable. A un moment, ça te sourit. Le message qu’il faut retirer de mon expérience personnelle c’est quand on y croit, il ne faut pas lâcher quoiqu’il arrive. J’espère que ça enverra pas mes futurs enfants dans le mur. Rires.

TDN : Ta famille y croyait ?

JM : Oui. Bien sûr comme toutes les familles, elle a du avoir des passages de doutes, mais vraiment, j’ai été très soutenu par mes parents. Mon père a toujours été dans la musique. Ça a toujours été sa priorité.

TDN : Il ne t’a jamais mis en garde ?

JM : T’es toujours prévenu que c’est un métier aléatoire, que tu sais pas où tu vas. Le problème c’est que j’aime pas tout ce qui est relié au côté financier. Quelle est la crainte ? De ne pas avoir une sécurité financière, de pas avoir d’argent ? Si je suis pas heureux, on aura beau me donner tout l’argent du monde, j’en ai rien à faire. Rires.

TDN : Après ces années de création, arrive 2008 et « Assis par terre ». Comment ça s’est passé ? Ça a été comme souvent un coup de bol ou tu as du forcer les choses ?

JM : Juste une bonne rencontre et un bon timing. Un éditeur à l’époque avait le projet de faire un album avec Louisy Joseph, ex-L5. Il m’a demandé si ça m’intéressait. J’ai rencontré Louisy et tout de suite il s’est passé quelque chose. En l’espace de neuf mois, on a fait un enfant qui s’appelle « la saison des amours » qui est son premier opus et la chanson « Assis par terre » qui est magique. C’est la chanson qui m’a mis réellement le pied à l’étrier en tant qu’auteur, compositeur, réalisateur. J’ai eu la chance de faire un premier projet sur lequel j’étais libre. C’était une rencontre avec une artiste qui savait ce qu’elle aimait mais pas vraiment où elle allait et qui a rencontré un compositeur dont la mélodie s’accordait avec sa voix.

TDN : Ensuite tu as été très demandé puisque dans ton palmarès on trouve Natacha St-Pier et Johnny Hallyday.

JM : Notre Johnny national et international. (Rires).

TDN : Comment s’est passée cette rencontre ? On peut dire que c’est un moment unique dans une vie ?

JM : oui, encore un instant magique. Un jour, j’ai reçu un texte d’un jeune auteur. Je l’ai lu et je me suis dit qu’il était super mais qu’il n’y avait qu’un seul mec qui pouvait le chanter. Je ne savais pas si Johnny avait besoin de chansons à ce moment-là, s’il avait un projet d’album. Il n’y avait que lui qui pouvait chanter « Autoportrait« . J’ai pris ma guitare et tout de suite la mélodie est venue. Je me suis enregistré. Quelques semaines ont passé. J’ai alors déjeuné avec une personne qui le connaissait très bien et qui devait le rejoindre peu de temps après. Je lui ai alors donné le CD pour qu’il lui fasse écouter.

TDN : Qui ne tente rien n’a rien ?

JM : Oui c’est ça. Quelques semaines après, j’ai reçu un coup de fil de Johnny qui m’a proposé une rencontre. Puis est arrivé cette après-midi en compagnie de cet homme qui est beaucoup plus qu’un grand artiste. J’ai été agréablement surpris. Ma crainte quand je rencontre des artistes connus, c’est qu’on ne connait que ce qu’ils représentent en termes d’image, mais tu ne sais pas quelles genres de personnes ils sont. Tu as toujours peur d’être déçu. Là j’ai été frappé par sa générosité, sa façon d’être attendrissant, accueillant. Ça a été un grand moment pour moi.

TDN : Tu rêves certainement d’une carrière comme la sienne ?

JM : J’aimerais pouvoir rester dans ce métier jusqu’à ce que j’en crève. Rires. Johnny a eu une carrière sublimissime, mais je fais rarement de comparaisons avec mes espoirs. J’ai juste envie de me dire que je me lève le matin, que je vais en studio, que je peux faire de la scène, rencontrer un public, prendre du plaisir, faire le métier que j’aime le plus longtemps possible.

TDN : Johnny est quelqu’un qui revient sur le devant de la scène très régulièrement. Tu souhaiterais avoir des retours plus espacés ?

JM : A mon âge, j’ai juste envie de bosser. C’est même plus du travail. C’est ma priorité absolue. C’est tout ce que j’aime faire. Peut-être qu’un jour je serai fatigué, pas par la musique, mais par ce métier qui est dur et qui te met dans l’attente, qui que tu sois, quoique tu fasses. Tu as toujours la peur de l’insécurité, de la page blanche, de pleins de choses comme ça mais aujourd’hui je ne veux pas prendre mon temps. Je vis de rencontres, d’aventures. A chaque fois qu’il y aura une aventure qui m’excitera, je foncerai.

TDN : Quels sont tes objectifs immédiats ? Faire des tournées ?

JM : Aujourd’hui je suis très concentré sur la finalisation de l’album. Ensuite, j’espère que ce sera un succès. Ce que j’appelle moi, un succès, c’est que la présentation de mon album me permette de rencontrer un public, de tourner, de faire de la scène. Les plus beaux moments de ce métier, c’est pas de faire des interviews… rires. Bien sûr tout ça fait partie de la découverte de l’artiste mais ce que j’aime, c’est vraiment faire de la scène et créer.

TDN : Merci John Mamann !

JM : Merci à Truc de Nana !

Des propos recueillis par Sabrina Cicchini

L’album de John Mamann sort le 1er octobre.

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