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Les locavores, adeptes d’un nouveau mode de consommation

Ecrit par Justine Andanson
le 1 juin 2010

Les locavores ont un seul credo : manger local, c’est-à-dire qu’ils ne consomment que des aliments produits dans un rayon de 150 kilomètres autour de leur lieu de vie. Ce qui, à l’ère de la mondialisation, représente un véritable pari … C’est également une contrainte qu’ils s’imposent : en effet, pour rester fidèles à leurs […]

Les locavores ont un seul credo : manger local, c’est-à-dire qu’ils ne consomment que des aliments produits dans un rayon de 150 kilomètres autour de leur lieu de vie. Ce qui, à l’ère de la mondialisation, représente un véritable pari … C’est également une contrainte qu’ils s’imposent : en effet, pour rester fidèles à leurs convictions, ils doivent se priver de la plupart des aliments que vous et moi dévorons sans nous poser de questions !
Comme beaucoup d’autres mouvements écolos, le locavorisme est né aux Etats-Unis il y a un peu plus de trois ans, lorsque 4 étudiantes de San Francisco relèvent le défi de manger uniquement local pendant un mois . Le concept de « se nourrir chez soi » est ainsi lancé et ne tarde pas à faire de nombreux adeptes outre-Atlantique, notamment à New York où l’on compte près de 600 jardins communautaires, dans lesquels des associations de locavores cultivent eux-mêmes leurs fruits et légumes. Quant à ceux qui n’ont pas la main verte, ils se ravitaillent auprès des producteurs de leur région…ou pratiquent la cueillette dans les parcs publics ! Enfin, les restaurateurs se sont également emparés du phénomène en proposant des menus « 100 miles ».
En France, le mouvement est moins extrême qu’aux Etats-Unis : les locavores hexagonaux essaient certes de privilégier les producteurs locaux pour se procurer leurs produits frais mais n’ont pas pour autant renoncé à consommer des aliments provenant d’autres pays. Le locavorisme à la française se pratique le plus souvent par le biais d’une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne – [url=http://allianceapec.free.fr]Allianceapec.free[/url]) qui fonctionne sur un principe simple : un partenariat entre les consommateurs et les cultivateurs d’une même région. Les membres de l’AMAP versent une cotisation mensuelle ou annuelle et en contrepartie, un panier de fruits et légumes leur est directement livré par leur producteur chaque semaine.
Un système qui, outre le fait qu’il soit écolo (le bilan carbone des cultures locales étant bien entendu bien moins élevé que celui des fruits et légumes originaires des quatre coins du monde), a l’avantage de permettre aux cultivateurs d’écouler leur production (plus de surplus, donc plus de gaspillage) mais aussi celui de faire faire des économies aux clients. L’inconvénient de ce type d’organisation ? Adieu les fraises en hiver, vous ne consommez plus que des produits de saison !

Mais selon Brigitte – 42 ans et mère de deux enfants -, membre d’une AMAP depuis un an, cela est loin d’être un sacrifice comparé à tous les avantages que le système lui apporte. « Les fruits et légumes des hypermarchés sont beaucoup trop chers et dans les discount, ils sont rarement bons », explique-t-elle. « J’étais parfois obligée de faire deux ou trois magasins avant de trouver des produits présentables et à des prix abordables, à tel point que j’ai même envisagé de cultiver mon propre potager ! Mais je n’ai jamais été douée pour le jardinage et avec mon travail, je n’aurais de toute façon pas eu le temps ! ». C’est alors qu’une de ses amies, elle-même membre d’une AMAP, lui fait découvrir le concept : Brigitte est immédiatement séduite et adhère à son tour. « Plus besoin de faire la tournée des magasins pour dénicher des fruits et légumes convenables, maintenant je suis livrée à domicile ! Et en plus, les produits sont bio ».
Jusqu’à ce que je l’interviewe, Brigitte n’avait jamais entendu parler des locavores (au cours de mes recherches, j’ai d’ailleurs pu constater que curieusement, c’est un mot rarement employé en France, dans certaines AMAP que j’ai contactées, on m’a demandé : « loca-quoi ? »). Je lui explique donc le principe – on doit manger exclusivement des aliments provenant d’un rayon de 150 kilomètres autour de chez soi -, ce qui la fait sourire. « Je ne crois pas qu’on puisse dire que je suis une locavore, me dit-elle, parce que je continue à acheter des produits qui viennent d’autres pays, comme mon café par exemple, dont je ne pourrais pas me passer ». Brigitte est donc bien une locavore à la française !

Et vous, les nanas, vous en pensez quoi ? Tentées par ce nouveau mode de consommation un peu extrême ? Moi non, je ne me vois pas renoncer à mon chocolat !!!

Par Caroline Salvetti

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