ACTU

Confinement / Déconfinement vus à travers des témoignages

Ecrit par Marie TERRY
le 10 mai 2020

Encore la date du 11 dont on se souviendra ! On a même inventé un mot pour la circonstance : déconfinement. L'actu de ce jour va être discutée, scrutée, commentée, disséquée... Trucs De Nana a choisi de donner la parole à des femmes et des hommes et de les faire, eux, parler. Quels ont été leurs ressentis? Quels sont leurs craintes, joies, doutes par rapport à cette journée et aux jours qui vont suivre. Des anonymes et des experts livrent leurs sentiments.

Lucie, 20 ans, stagiaire TDN, confinée à Paris

Au début, j’ai mal vécu le confinement, déjà par rapport au stage forcément parce que j’ai pas pu faire tout ce qui était prévu. Le fait de pas voir mes amis a été très dur, j’ai l’habitude de beaucoup sortir et donc de ne plus sortir pendant aussi longtemps, c’est pas facile. Mais avec le temps, je m’y suis faite et le télé travail à été très bénéfique. Je trouve que le confinement a permis de se rapprocher de ses proches.

Pour le déconfinement j’espère qu’il n’y aura pas une deuxième vague. Je suis pressé de pouvoir sortir comme avant et que les commerces puissent ouvrir. Et j’espère qu’il n’y aura pas de problème pour cet été.

Mégane, 26 ans, confinée seule à Paris

Étonnement, je pensais très mal vivre cette période de confinement. Ayant fait le choix de rester seule à Paris dans une surface relativement étroite pour ne pas contaminer mes proches qui eux vivent au bord de la mer, je ne savais absolument pas à quoi m’attendre. D’un naturel peu solitaire et vivant à mille à l’heure, le confinement à été une sorte de révélation sur mes capacités à rester loin de mes proches et surtout à mon domicile. J’ai eu la chance d’être très occupée. Entre le travail, le bénévolat et les appels à la famille/amis, je n’ai pas vu les journées passer et vraiment, j’ai trouvé que le temps défilait à une allure folle ! 
 

Cette période insolite m’a permis de faire le point sur de nombreuses choses. J’ai repensé ma façon de consommer, que ce soit alimentaire, mais également en terme de sorties. J’espère poursuivre dans ce sens à l’issue de la pandémie. Ce moment de parenthèse dans nos vies m’a également permis de relativiser et de me concentrer davantage sur l’essentiel. D’une nature angoissée, j’ai pu prendre du recul plus facilement et les liens avec ma famille et mes amis se sont renforcés. Proches d’eux, nos liens se sont avérés beaucoup plus forts et plus « vrais ». Finalement, j’ai très bien vécu cette période et j’avoue ne pas ressentir forcément l’envie de sortir pour le moment. Je me suis bien habituée à tout cela. Pour le moment, mon retour au travail n’est pas d’actualité, et je suis donc toujours assignée à domicile mais à l’avenir, j’envisage de passer davantage de temps chez moi pour profiter de moments à moi, au calme :)

Camilla, 25 ans, avocate, confinée en famille dans le sud

Pour les citadins qui, comme moi, ont eu la chance d’être confinés dans d’excellentes conditions – maison, nature, beau temps, vie professionnelle freinée, sûrement meilleures que dans nos vies normales – le confinement a rimé avec un assainissement de notre mode de vie, qui ne peut que nous amener à réfléchir à long terme sur ce dernier.
L’occasion également, d’inscrire de nouvelles (et inédites, me concernant) bonnes habitudes sportives sur une période suffisamment longue pour n’avoir plus aucune envie de revenir en arrière, une fois déconfinés.
Il me fallait bien ces deux mois sans excuse pour ne pas faire l’effort de pratiquer une activité physique régulière, pour habituer mon corps à réclamer du sport ; je n’ai jamais été dans de meilleures dispositions pour que le sport fasse désormais partie intégrante de mon quotidien, et ce de façon pérenne.
Le déconfinement représente donc l’enjeu personnel suivant : celui de rééquilibrer notre quotidien de façon permanente, conscients, enfin, de ce qu’il était trop contraint et trop effréné.

Arthur, 25ans, confiné en famille dans le Sud et en télétravail

Une période bien particulière en effet, mais une période salvatrice pour se recentrer sur des choses primordiales, pour lire davantage, se reposer plus que de coutume et imaginer ce que sera notre retour à notre vie d’avant.
Enfin,  on réalise aussi l’importance des contacts humains et le besoin d’interagir « physiquement » avec ses proches.

Eléonore, 32 ans, RH, confinée en famille avec 2 petits, à Lyon

On a rangé le salon et vos chambres 1 million de fois… On a pété des câbles à être entassés à 4 dans nos 35m² de salon/bureau/salle de jeux/cuisine/chambre… On a dû dire aurevoir à Loulou (❤️🐈)… On a détesté télétravailler et faire l’école en même temps… On a eu du mal à ne plus voir nos familles… Mais quand je vous vois tous les 3, à cet instant précis, je me dis que ces 2 mois hors du temps valent tout l’or du monde… Corentin sait écrire son prénom et reconnaît la lettre de son frère, Amaury a 2 dents et avance à reculons.

Ce confinement que j’avais tant redouté a finalement renforcé mon besoin d’être entourée de vous 3…J’en viens à appréhender le déconfinement…Qu’est-ce que ce renouveau de liberté va nous apporter…Les bouchons sur la route…Courir après le temps…Le bonheur simple de retrouver sa famille et ses ami(e)s… Espérons que nous retiendrons ceci : l’importance de notre liberté et donc d’adopter des comportements adaptés pour ne plus la perdre… Je me fais la promesse mes fils de profiter de vous, sans modération et sans une once de superficialité…

Marjorie, 36 ans, créatrice contenu sur Boosty, confinée en famille dans le Sud 

« Avant, chaque jour, j’enfilai – dans l’ordre – mes 6 jolis costumes préférés :

  • Celui de la chef de l’armée du Réveil Rapide
  • Celui de la working girl fraîche & motivée, avec son bon latte
  • Celui de la wonder maman toujours à l’heure à la sortie de l’école
  • Celui de la cheffe cuisto, enfin… de la cuisto quoi.
  • Celui de la conteuse/berceuse/tueuse de monstres/pipi/bisous
  • Celui de la partenaire de vie à l’écoute et + si affinités
Depuis le confinement, j’ai agrandi ma garde robe avec 12 nouveaux costumes :
  • Celui de la zombie du matin, virée de l’armée du Réveil Rapide
  • Celui de la maîtresse enjouée & patiente
  • Celui de la maîtresse hystéro & à deux doigts de t*** ses élèves
  • Celui de l’accro au 10 cafés… décaféinés (histoire de ne pas passer à l’acte, cf précédent)
  • Celui de la grosse psychopathe masquée, tueuse de virus et de voisin qui me parle de trop près
  • Celui de la planifieuse de sortie interdite, à 5 km sans attestation ohlala.
  • Celui de la working girl hibou/cyclope, qui bosse (d’un oeil) de 22h-2h (cf costume n°1)
  • Celui de la #feupartenairedevie, plutôt devenue #chut!unnetflixetaulit
Voilà voilà… Mais quand même. On s’est bien marrés !

Justine Andanson, 34 ans, fondatrice de TDN et Boosty, confinée en famille (2 enfants) à Paris

Garder les bonnes habitudes prises pendant le confinement : si on a essayé le yoga, si on a plus pratiqué une activité sportive, si on s’est mis à la méditation, à la cuisine maison, si on a pu lire davantage, faire des jeux de société avec les enfants… bref, tout ce qu’on ne faisait jamais ou très peu avant cette période particulière. Et bien,  on essaye de continuer si ça met du baume au coeur et si ça rend la vie plus douce.

Evidemment, le but n’est pas de se mettre la pression pour tout concilier : la vie post confinement (métro-boulot-école…) et celle du déconfinement, mais essayer de garder au maximum ce qui nous épanouissait.

Moi, par exemple, je me suis remise à la danse et je pratiquais presque tous les jours le yoga et bien je vais essayer de continuer après le confinement. Peut-être pas avec la même intensité mais je vais garder ces bonnes habitudes. Avec les écoles fermées, j’ai fait aussi plus d’activités manuelles avec mes enfants. Je ne suis pas très douée mais on a bien rigolé ! Et ça aussi, j’ai envie qu’on en refasse de temps en temps…

Marie, responsable partenariats TDN/ Boosty, confinée en famille, dans le sud

Cette période du confinement est passée très vite pour moi. Je me suis tout de suite mise dans l’acceptation de cette période comme une parenthèse où le rythme différait et surtout où il fallait se dire qu’on allait vivre autrement pendant ces 50 jours. Bien sûr, il a fallu renoncer à beaucoup de choses et en accepter de nouvelles. J’ai eu la chance d’être très privilégiée: au niveau du cadre de vie, maison dans  le Sud, ce qui veut dire espace, nature et soleil. Sur le plan du travail, je fonctionne beaucoup en télétravail ! Pas beaucoup de changements si ce n’est plus d’ AR à Paris, si ce n’est que nous n’étions plus 2 mais 5 avec 3 jeunes venus de Paris, confiner avec nous et bossant tous. Donc une belle énergie de boulot avec en plus le projet solidaire que j’avais monté dès le lundi 17 mars. Nouvelle donne à 5, on s’est crées notre bulle avec nos échanges de recettes et de points de vue, nos séances de sport et de cinéma at home,  nos cafés terrasse-maison, nos apéros réconfort, nos samedis soirs « habillés comme si nous sortions », nos dimanches farniente et petite balade (1km)…bref, nos nouveaux rituels. On ajoute les appels à la famille et aux amis, ce qui donnait un emploi du temps rythmé et chargé. Ce qui me convient, j’aime le rythme, peu importe son intensité, et les rituels, même (surtout) nouveaux. On a quand même vécu une période inédite, voire extraoidinaire.

J’accueille ce déconfinement très sereinement. Premier RV lundi matin,  coiffeur …! Je vois cette période comme des escaliers,  tout va se faire step by step. Bien sûr, on va revoir la famille, petits et grands, avec les bisous ? On ne sait plus. Les amis, 10 max, on fera par petits groupes. Le boulot, no changement, peut-être un AR Paris? Je ne veux pas me projeter car on ne sait rien de cet avenir incertain. Continuons à vivre au jour le jour en savourant le moment présent et la suite (les projets) viendra (ont) tranquillement. On se doit juste d’être responsable pour soi et pour les autres.

Deux experts ont également accepté de donner leur avis.

Fiona, 32 ans, professeur de yoga, confinée dans un petit appart dans le Sud.

Pour réussir le déconfinement, je pense qu’il ne faut pas se mettre la pression avant tout si elles ont pu pratiquer beaucoup de sport car elles avaient le temps ça va sûrement baisser avec la reprise du travail. Donc en profiter pour marcher plus maintenant qu’on a le droit! Éviter de prendre sa voiture ça nous permet de joindre l’utile (la planète) à l’agréable (s’activer et se dépenser plus). Réorganiser son planning pour se dégager des créneaux fixes pour pratiquer chez soi ou en extérieur (puisque les salles ne réouvrent pas). Et continuer à s’écouter surtout ♥️

Rodolphe Oppenheimer, Psychanalyste-Psychothérapeute, Paris

Le déconfinement, ce vieux rêve qui va devenir réalité dans quelques heures. Nous avons passé quelques semaines confinés, enfermés parfois reclus sur nous-même ou sur notre conjoint(e). La télévision ronronnait en boucle comme un petit chat, ces bribes de phrases qui résonnent encore dans nos oreilles nous ont provoqué tantôt de la peur, de l’angoisse tantôt quelques espoirs. Nous avons dû allez faire des courses, surtout sans masque puis surtout avec des masques mais où trouver ses masques ?Quoi qu’il en soit tout ceci est derrière nous. Lundi la voie est libre, on peut faire le mur, dans un rayon de cent kilomètres au minimum. Nous nous posons tous la question quelle va être notre première sortie ?

Il est important de nous rappeler que si nous pouvons ressortir, la guerre contre le Sras Cov 2 appelé communément COVID 19 ou COVID + est toujours là ! Comme un ennemi, il rode, à nous de ne pas baisser la garde. Répétons nous les gestes barrières comme si cela était notre ADN.

Si certains de nous attendent avec un chronomètre lundi, d’autres redoutent ce déconfinement.

Cette période de confinement a été pour certains un moment de communion avec la famille, retrouver des instants pour jouer à des jeux de société, refaire la cuisine ou le ménage ensemble.

J’ai autant de patients heureux de cette première vraie sortie que de patients anxieux à l’idée de se séparer à nouveau de l’être aimé, de la famille, en raison de la pression du travail, des risques liés aux transports en commun comme aux open space.

Je vous conseille sans plus attendre de prendre un papier et un stylo et d’écrire : lundi… Pourquoi tout écrire dès à présent ? Car plus vous penserez à vos peurs à vos hypothèses plus vous y répondrez avant d’y être confronté in vivo. De chez vous, vous préparez vos stratégies. Lundi vous aurez les réponses immédiatement à vos questions que vous vous poserez naturellement car moins vous vous retrouverez surpris par une situations moins elles sera anxiogène !

Si vous croisez des individus qui eux ne respectent pas les distances réglementaires, écartez-vous poliment, mais n’ayez pas de craintes d’être jugé. Rappelez-vous que vous devez prendre soin de vous.

Commencez à imaginer qu’à nouveau dans les règles de déconfinement, vous pourrez retourner respirer l’air pur le week end en famille. Même si le contact à moins de deux mètres est prohibé, il est agréable de retrouver ses amis, sa famille ou même ses collègues. Pensez à cette idée de revivre. Si vous deviez avoir une inquiétude, sortez votre feuille et vous verrez que vous avez respecté votre propre mode d’emploi anti covid.

On vit une maladie, une pandémie bien étrange à laquelle personne ne pouvait s’attendre. Faisons confiance à nos médecins de ville à nos hôpitaux, à nos soignants, héros des temps modernes. N’oublions pas que un grand nombre de malades sont rentrés tranquillement chez eux. Ceci ne doit pas être une raison pour quelques relâchement ; l’ensemble des gestes barrières doit être maintenue, ils doivent constituer cette lueur d’espoir, rien ne s’arrête, tout se transforme.

Sachons construire ensemble cette nouvelle société dont nous rêvions déjà tous avant le COVID courage à tous ! Nous ne sommes pas seuls.

Consultations en cabinet ou par téléphone www.psy-92.net

Merci à tous ceux qui ont donné leur avis, conseils, ressentis. Ce 11 mai 2020 restera dans nos mémoires. A vos idées , commentaires et bon DECONFINEMENT  à tous.

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