Interview

Brigitte Gothière, nana du mois, présidente de l’Association L 214

Ecrit par Marie TERRY
le 20 mars 2016

Au mois de mars, Trucs De Nana aime mettre en avant des nanas qui s'engagent et Brigitte Gothière fait partie de ces femmes-là avec un engagement qui a pris le nom de lettres, L 214, une association qui lutte pour la défense des animaux mais cela va même au delà de cela, une véritable prise de conscience d' un nouveau modèle agricole, économique à imaginer. Trucs De Nana a eu l'occasion d'interviewer cette femme.

TDN: Si je devais vous présenter à nos nanas, quel titre vous conviendrait le mieux?

Brigitte Gothière: Je ne veux surtout pas de titre, je suis juste une personne qui se retrouve là malgré moi, animée par la seule volonté de prendre en considération les individus et les animaux.

Malgré vous ? On n’est pas co-fondatrice d’une telle association par hasard? Quel a été le déclic de cet engagement?

Le premier coup a commencé en 1993,  j’avais 20ans ! au siècle dernier, me semble-t-il. J’étais avec mon compagnon, et il a juste prononcé cette phrase: on mange du lard, donc on mange du cochon. Cela a été un déclic, pourquoi mange t-on des animaux ? Est-ce bien nécessaire? Il y a des peuples entiers qui ne mangent pas de viande et qui s’en portent très bien.

Quel a été votre parcours de militante qui a commencé donc jeune, à 20 ans?

Oui, dès 20 ans, j’ai embrassé de nombreuses causes qui me tenaient à coeur. J’étais à la Croix Rouge, auprès des sans papiers, défendant les droits de l’homme, des combats connus et reconnus mais dans le combat pour la défense des animaux, je  me trouvais très isolée. Bien sur, on distribuait des tracts, on allait à des rencontres sur les questions animales,  on rencontrait des personnes motivées comme nous, on se félicitait que des philosophes écrivent sur ces prises de conscience. Mais il fallait agir.

Quand est née alors L214? Quel est votre objectif  avec cette association qui est en pleine actu avec les dénonciations sur les abattoirs?

En 2008, j’ai cofondé l’association L214, pour la protection des animaux.
Je suis contre toutes les pratiques faites sur les animaux, les produits testés sur les animaux. Je voudrais montrer tout ce qui se fait de mal, de cruel et sensibiliser en informant  la population. Ne doit-on pas changer de pratiques alimentaires et trouver des alternatives?

Justement, comment faites-vous avec votre famille pour les repas?

Déjà, je déteste cuisiner. Mais c’est sûr, rien qui provient d’un animal est consommé chez nous, et ce pour toute la famille. Je cuisine des légumes, des pâtes et je triche avec d’autres produits comme les PST, les protéines de soja testurées qui font « comme de la viande ».
Je pense que j’ai eu de la chance de tomber sur des pédiatres qui m’ont comprise car j’ai eu des témoignages de parents où ce n’était pas toujours le cas.

Vous prônez donc le véganisme. Cela s’étend aussi aux cosmétiques? Aux vêtements?

Oui, car je revendique l’arrêt des pratiques nuisibles à l’animal et sa consommation, donc pas de test aussi sur les animaux, pas d’animaux dans les cosmétiques.
J’achète très peu de produits de beauté mais la marque que je prends est Lush. Oui, je n’ai pas de chaussures et vêtements en cuir.

Vous êtes une puriste?

Non, je ne suis pas parfaite, je voudrais juste vivre le mieux possible avec le moins d’impact possible sur l’entourage. Je me pose la question, est -ce nécessaire en fonction des circonstances?
Mais j’aime profiter de la vie, j’adore aller au cinéma.

Que diriez-vous aux nanas qui vont vous lire?

Profitez de la vie, croquez la vie sans croquer les animaux.

Quelle dernière question auriez-vous aimé que je vous pose et que je vous ai pas posée?

Pour moi, c’est étrange qu’on s’intéresse à moi. Je ne suis qu’un vecteur. Je parle pour les animaux.

On avait déjà rencontré une jeune femme, Olivia, qui parlait pour les animaux.

Je me suis quand même demandée s’il fallait s’appeler Brigitte pour défendre la cause animale, je lui ai posée la question. Elle m’a répondu qu’elle se différencie de Brigitte Bardot qui véhicule plus un discours plein de colère, en propossant elle, un discours plus tourné vers l’espoir.

Elle n’a rien contre les éleveurs, mais contre le système, oui.
Il faudrait repenser le modèle agricole et revoir les habitudes alimentaires. Il faut envisager des actions avec les personnes concernées et non contre elles. Elle est prête à conseiller, à discuter si on la sollicite et à trouver les bons mots pour convaincre.

Espérons que nous avons su trouvé les bons mots pour parler de son engagement qui nous interpelle, nous fait réfléchir, nous engage, nous pousse à changer nos habitudes alimentaires? A chaque nana, sa réponse.

 

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