masturbation

Assistant sexuel pour Handicapés, encore un tabou…

Ecrit par Morgane Derrien
le 30 novembre 2010

Chaque être humain a un désir sexuel, les personnes handicapées également. Sous prétexte qu’elles sont « différentes » elles n’auraient pas le droit de ressentir du plaisir…
Dans plusieurs pays européens, des hommes et des femmes pratiquent des massages et caresses érotiques à la demande de personnes handicapés. Il s’agit d’un service à la personne comme un autre, et pourtant le sujet fait polémique, certains parlent même de prostitution.

Depuis quelques années déjà, les Pays-Bas, le Danemark, l’Allemagne et depuis cet été la Suisse, ont lancés une formation pour un nouveau métier, celui « d’assistant sexuel pour personnes handicapées ». Issus du corps médical ou paramédical, ils sont majoritairement infirmières, masseurs, thérapeutes… et prodiguent des soins érotiques aux personnes n’étant pas ou plus capable de le faire par elles-mêmes.
Parler de son propre corps et de son rapport à l'intimité et au sexe n'est pas facile. Ça l'est encore moins si l'on est considéré comme «différent». Et pourtant, la sexualité des handicapés est un droit qui doit être respecté et protégé. «Il est nécessaire d’accompagner sensuellement et sexuellement les personnes en situation de handicap qui le désirent expressément » explique Catherine Agthe Diserens, la présidente de l'association Sexualité et Handicaps Pluriels (SEHP) qui a formé les premiers assistants sexuels en Suisse.

Sexualité et handicap, un double tabou

Afin de répondre aux besoins de ses nouveaux patients, l'association romande Sexualité et Handicaps Pluriels (SEHP) a décerné sa première volée de diplômes d'assistants sexuels au mois de juin. Bientôt, ces six hommes et quatre femmes iront assister la vingtaine de travailleurs déjà actifs en Suisse. L'origine du projet remonte à 2002, lorsque la section zurichoise de Pro Infirmis élaborait un programme éducatif dans ce sens.

Rejeté dans les pays catholiques comme l'Italie, ce genre de soutien est cependant loin d'être une prérogative, car on le trouve un peu partout en Europe. Dès les années 80, des personnes ont été formées aux Etats-Unis et dans le Nord de l'Europe, afin de fournir une assistance sexuelle aux handicapés. Des prestations qui, dans certains pays scandinaves, sont même couvertes par les assurances maladie.

Le profil de l’assistant sexuel

Il faut marquer la différence, un accompagnateur sexuel n’est pas un(e) prostitué(e). A la différence de la prostitution, l'accompagnement sexuel des handicapés ne peut commencer qu'après un parcours éducatif pointu, orienté sur le respect de l'autre, l'éthique et l'écoute. Les assistants sexuels se doivent d'être équilibrés, au clair avec leur propre sexualité et se sentir à l'aise face au handicap. De plus, l'assistant doit conserver un autre emploi à 50% au moins. Il est aussi tenu d'informer ses proches de son choix.
Il n'y a pas de catalogue de présentation des services des associations. Chaque cas est unique et doit être évalué séparément pour mieux comprendre ce que recherchent les personnes qui s'adressent à ce type d’organisme, et de quelle manière il est possible de les aider à se sentir mieux.

Du massage érotique aux caresses, jusqu'au striptease ou à la masturbation, l'éventail proposé est étendu et répond simplement au besoin d'une intimité souvent réprimée et même stigmatisée. Chaque assistant « offre » avec empathie et respect un peu de tendresse contre une rémunération qui d’environ 100€ de l'heure. Parfois il s'agit simplement de découvrir le plaisir de retrouver une fonctionnalité perdue suite à un accident, alors que dans d'autres circonstances, la relation peut aller jusqu'à un rapport oral ou à la pénétration. Demander l'aide des assistant sexuels n'est pas la solution à chaque problème, mais cela permet de combler un vide dont, jusqu'à une date récente du moins, on continuait à nier l'existence explique les membres de l’association.

Par Morgane Derrien

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