interview

VIVA AND THE DIVA : l’interview

Ecrit par Elodie Cohen Solal
le 5 mars 2011

Ils sont parisiens, étaient l’une des Avant-scène de Rock en Seine 2010, et ont sorti leur EP « Viva and the Diva » le 17 janvier dernier. Viva and the Diva, c’est Maxime Delpierre à la guitare, Arnaud Roulin au synthé, Mark Kerr à la batterie, Sir Alice et sa voix androgyne au micro. Et […]

Ils sont parisiens, étaient l’une des Avant-scène de Rock en Seine 2010, et ont sorti leur EP « Viva and the Diva » le 17 janvier dernier.

Viva and the Diva, c’est Maxime Delpierre à la guitare, Arnaud Roulin au synthé, Mark Kerr à la batterie, Sir Alice et sa voix androgyne au micro. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils envoient du lourd ! Croyez-moi, je les ai vu répéter.

Maxime Delpierre & Sir Alice (malheureusement, on n’a pas pu les avoir tous en interview) se confient à TrucdeNana… et sans se la jouer Diva ! 

Questions BOULOT

D’où vient le nom Viva & The Diva ?

Maxime : C’est Mark Kerr, le batteur, qui a trouvé le nom, avant même d’avoir rencontré la diva !

Sir Alice : (en regardant Maxime) C’est-à-dire toi ! Au début ils étaient tous les trois, puis un jour, Max m’a vu en concert et a eu envie de travailler avec moi. Il a donc proposé cette idée, et du coup, on a bossé ensemble. Mais déjà avant ça, le nom du groupe avait été choisi !

Et vous savez d’où ça lui est venu ?

Sir Alice : Je pense que « Viva » fait référence aux personnages d’Andy Wharol ; comme Ultra Violet, il y a une des égéries qui s’appelle Viva. Ou alors ça vient de Viva la Diva

Maxime : Moi je pense que ça vient d’un album de Neil qui s’appelle « Viva » ; c’était un grand krautrock man, et au départ on était parti pour être un groupe de krautrock, ce qui est pas du tout le cas finalement…

Ouais vous n’en n’avez aucune idée en fait !

Maxime et Sir Alice : (Rires) On va lui demander dès qu’on l’a au téléphone !

Sir Alice : Mais c’est marrant comme nom je trouve ; on se tire tous la bourre pour savoir qui est la diva… évidemment ça se joue entre Max et moi ! 

Maxime : Mais évidemment c’est Alice la Diva !

Le 17 janvier, vous avez sorti votre EP « Viva and the Diva », pouvez-vous m’en dire plus dessus, et sur les thèmes évoqués dans les chansons ?

Sir Alice : Chaque chanson est différente. « Pump up », c’est une espèce de combat, une métaphore de combat de chiens, d’animaux, avec des expressions animales comme « frapper comme un taureau », et il y a une espèce d’émeute que les gens filment avec leur téléphone portable. « Story », c’est l’histoire d’une petite fille qui va dans la forêt chercher des baies, et elle ne revient pas, on ne la retrouve plus, donc on ne sait pas ce qui s’est passé. Autour de l’histoire, on peut faire référence à un suicide, par rapport à cette personne dont elle ne se souvient pas qu’on évoque dans la chanson, ça peut être aussi son agresseur – le truc horrible -, ou une personne qui se souvient de cette fille mais pas elle ; ça peut être sa mère… C’est très ambigu en fait, j’aime bien être dans les signes et pas dans des choses concrètes. J’écris comme ça, je veux que les gens puissent se faire leur histoire, l’imaginer comme ils veulent. Chacun peut avoir la possibilité d’élargir et faire son interprétation autour. 

Maxime : C’est hyper imagé en fait. Tout le monde peut s’identifier aussi bien en tant qu’icône, que personne-objet, ou dans la métaphore, comme le fait de se transformer en animaux. Nos chansons sont comme ça, presque toujours thématiques. 

Sir Alice : Par exemple, dans notre chanson d’amour, je n’ai pas raconté la mienne jusqu’au bout, j’ai ouvert le champ. Franchement, t’as pas trop les nerfs quand t’écoute une chanson, et qu’elle te ressemble grave, jusqu’au moment où t’apprends que la fille est brune alors que toi t’es blonde !? T’es carrément dégoutée, parce que t’avais trop l’impression que c’était ta chanson, et là si la fille a un prénom, ça marche plus pareil. Du coup j’évite, mais ça se fait vraiment spontanément.

Vous êtes entre balade synthétique et hip hop métallique, pourquoi mélanger les styles ?

Maxime : On ne fait pas exprès, on a autant envie de faire un groupe de rock et de hip hop qu’un groupe électro-punk et post-industriel. On fait les trucs qu’on a envie de faire, du coup ça se mélange tout seul. En fait on a tous des écritures super précises, selon chacun, on vient de mondes bien spécifiques, et bien précis, tous différents ; et en même temps, on a des terrains communs que sont le hip-hop, le rock’n’roll, l’électro-pop, la musique industrielle… Le groupe que l’on est n’est pas pensé à l’avance. On fait un morceau, et au final, il y aura des influences différentes. 

Sir Alice : Le styles ne changent pas d’une chanson à l’autre, ils se mixent à l’intérieur d’une même chanson. Mais c’est totalement naturel !

Après l’EP, un album en prévision ?

Sir Alice : Oui !

Maxime : Ce qu’il faudrait c’est des gros moyens pour pouvoir faire un album tout neuf, qui nous plaise, et qui ne nous prenne pas deux ans à réaliser. Si on a la thune, c’est parti on entre en studio pour des mois et on s’éclate !

Sir Alice : Pour l’instant, on est plus dans le « tiens on fait un morceau comme ça, et après on en rassemble plusieurs dans un EP ». Mais on pourrait aussi tout rassembler dans un album, avec nos anciennes chansons, et en rajouter d’autres, des nouvelles. Là, on est en train d’écrire d’autres morceaux pas encore sorti dans l’EP ! 

Questions TDN

Quel est votre artiste/groupe préféré ?

Sir Alice : Avant j’adorais Britney Spears, mais là elle dérape, j’aime moins ses deux derniers albums. J’écoute The Knifes, The Residents, beaucoup de musique assez loufoque aussi, mais je suis fan de gros tubes. 

Maxime : Kayne West, c’est l’homme du futur !

Sir Alice : J’étais fan de Booba, mais là son dernier album ça ne va pas du tout ! (elle s’approche du magnétophone) Mais je t’aime quand même Booba ne t’inquiète pas ! C’est lui qui m’a le plus bousculée, c’est pour moi le plus novateur.

Votre pire souvenir ?

Sir Alice : Chez Radio Nova, le synthé d’Arnaud a lâché au deuxième morceau… il manquait la moitié de la musique en direct ! Vraiment, ça a été super dur, super trash, on était malheureux en sortant. Après on est rentrés à l’hôtel et on a retourné la chambre (Rires). Bon, sur le coup on s’est accrochés, on a envoyé, mais ça faisait mal au cœur. C’était la première fois qu’on avait un vrai gros problème, il nous manquait un truc pour avoir le gros son. Harmoniquement, on n’entendait plus rien, on ne savait plus ce qu’on faisait. Il n’y avait pas le truc si précieux, le gros son qui me porte vachement.

Et le meilleur ?

Sir Alice : Notre première rencontre dans la cave. On a joué et…j’ai halluciné en fait. C’était dingue, c’était beau. 

Maxime : À Rock en Seine on s’est vraiment marrés aussi. En plus il faisait beau !

C’est qui le chef dans la bande ?

Maxime : Normalement c’est moi, mais depuis quelque temps on est trois, parce que le batteur est parti. Du coup, on se retrouve vachement plus tous les trois, je n’ai plus l’impression de tirer le groupe tout seul. J’avais Alice qui était là par période. 

Sir Alice : C’est Max qui nous a rassemblé, il est là au quotidien. 

Maxime : C’est vrai que là, j’ai moins le sentiment d’être le seul à être là tous les jours.

Sir Alice : Par contre, on a vachement tenu à ce que je ne sois pas mise en avant sur les photos, avec genre moi en couleur, et eux derrière en noir et blanc, ça me dégoute ça ! Je ne veux pas être dans le rôle de la chanteuse leader.

Maxime : On est tous des Divas !

Si vous deviez définir chacun de vous en un mot ?

Sir Alice : Oulà, attends, il faut que je réfléchisse (Rires) ! Est-ce qu’il faut que ça soit un objet, un concept..? 

Allez disons un trait de caractère !

Sir Alice : Impatient pour Max ! Et en même temps hyper patient dans la compo… Arnaud, c’est un pillier, mais tellement un fanfaron aussi. 

Maxime : Alice, elle est insaisissable, c’est une surprise permanente, tu ne sais jamais exactement ce qu’elle va dire, faire, si elle va être là ou pas (Rires), mais elle est aussi hyper carrée !

Vous avez des « dossiers » sur vous à nous confier ?

Sir Alice : (Rires) On a tous une chose commune : c’est qu’on a des crises. D’un coup, sans raison, sans comprendre, on va faire un truc complètement idiot pendant les répèts, l’écriture…et on ne va plus s’arrêter !

Maxime : C’est des craquages nerveux ! Ce qui est beau c’est que c’est hyper spontané.

Parlons mode… C’est quoi votre look sur scène et dans la vie ?

Sir Alice : On m’a dit que je m’habillais vraiment n’importe comment ! Mais c’est pas méchant, en fait, je suis capable d’accumuler plein de trucs sur moi, totalement différents, et… ça passe. Mais encore une fois, c’est hyper spontané. Des fois, quand mon jogging est trop long, je mets des guêtres, avec des grosses baskets, un bonnet, et un manteau de fourrure. Comme je bosse de chez moi, je suis vraiment mal habillé, donc pour aller chercher du pain… (Rires), mais on me dit que c’est mon style, que quelque part, j’ai toujours l’air hyper bien habillée. C’est marrant hein ? Je ne porte pas de bijoux, par contre c’est important que je sois bien coiffée !

Sur scène, en général je porte une robe, mais j’ai fais le choix d’avoir des chaussures et un rouge à lèvres toujours de couleur rouge. Et j’aime bien l’idée de ne pas mettre de collants. Il y a un truc qui reste hyper accessible au niveau de la chair. Par contre je n’aime pas les trucs bariolés, je déteste les motifs à fleurs, je préfère les classiques type marinière, rayures. Mon créateur préféré c’est Vivienne Westwood !

Où vous voyez-vous dans dix ans ?

Maxime : A Los Angeles, mais pas pour longtemps. A Brighton aussi. 

Sir Alice : Si j’arrêtais la musique, j’aimerais utiliser mes diplômes pour être par exemple ambassadrice de l’UNICEF, j’ai fait de l’humanitaire avant la chanson. Par contre je ne voudrais pas utiliser ma notoriété pour ça. Je veux aider, réfléchir à quoi faire et comment intervenir à tel lieu. C’est quelque chose que j’ai toujours eu. Je pense que dans dix ans, ce sera en cours dans ma vie à coté de la musique.Je voudrais aussi avoir une énorme maison de campagne, et vivre comme dans « La petite maison dans la prairie » où les portes seraient toujours grandes ouvertes, les tables grandes et longues, un intérieur très vieillot, et porter des grandes robes, des chapeaux très larges, des ombrelles, et avec six enfants ça me plairait bien !

Infos pratiques :Leur EP « Viva and the Diva » est disponible depuis le 17 janvier 2011.
Le groupe sera en concert le 8 avril au Triton (93).

Par Elodie Cohen Solal

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