rencontre

Sophie Bénichou, jeune entrepreneur de ma petiteetagere.fr

Ecrit par Marie TERRY
le 23 octobre 2017

Suivre une jeune entrepreneur et qui a, en plus choisi, le secteur des jeunes enfants dans la mode ne peut que rentrer dans l’ ADN de Trucs De Nana. Du haut de ses 25 ans, elle crée un concept novateur, ma petiteetagere.fr, on loue des vêtements pour une durée de 2 mois. On a eu envie d’en savoir plus sur elle, ses motivations, ses convictions qui l’ont poussée à monter sa boite. Elle est notre nana du mois d’octobre et c’est une belle rencontre.

Quel est ton parcours ?

Je suis diplômée de Toulouse Business School en Marketing BtoC et Communication. Mon parcours en école de commerce s’est accompagné de différents stages dans des entreprises aux expertises variées, de la communication corporate chez TBWA au marketing/développement produit chez Panzani. Je me suis également investie dans la vie associative, que ce soit pour l’UNICEF ou dans le cadre de mon école. Ces expériences m’ont surtout apporté des process, une méthode de travail et le sens de l’échange en équipe.

As-tu toujours eu envie de monter ta boite ? Ou connais-tu le moment précis qui t’ a fait devenir entrepreneur?

En réalité, j’ai toujours eu envie de monter ma boîte mais je me disais que je le ferai après 30 ans, 10 ans d’expérience et 2 enfants… en gros. Mais quand j’ai obtenu mon diplôme, j’avais le choix entre commencer une carrière en entreprise ou me créer mon premier job. J’ai eu très peur de me lancer, mais encore plus d’avoir des regrets alors je me suis dit « c’est le moment ». Et c’est comme cela qu’est née ma petite etagère.fr qui voit le jour …aujourd’hui.

Comment tes parents ont-il vécu ton aventure entrepreneuriale? Tu as l’air de bosser en famille, est-ce un plus?

Mes parents étaient super contents pour moi ! Inquiets aussi, c’est sûr… Pour des parents, ce n’est jamais facile de voir ses enfants s’embarquer dans une aventure aussi incertaine que l’entreprenariat. Mais l’excitation l’a emporté et a été communicative puisque je travaille aujourd’hui avec mon frère jumeau qui s’occupe de la communication et des shooting produits et ma maman qui m’assiste dans la sélection des produits et l’opérationnel. C’est clairement un plus de travailler en famille, à condition de marquer la frontière entre le personnel et le professionnel. Si c’est le cas, il ne reste plus que la confiance et l’indéfectible lien qui nous unit.

Comment est née ton idée de te lancer dans le créneau mode-petite enfance?

L’idée est venue assez spontanément. D’abord parce que le secteur de l’enfance fait écho à un désir très personnel que je cultive depuis longtemps, vous devinerez lequel. Ensuite parce que cette problématique de la faible durée d’usage d’un vêtement pour enfant est inspirante : pourquoi continuer d’acheter des vêtements dont on ne se sert que si peu de temps ? Non seulement on fait souvent le compromis de la qualité (pour ne pas se ruiner) mais en plus on s’inflige la contrainte de devoir s’en débarrasser quelques mois plus tard… Internet et les nouveaux usages m’ont permis d’imaginer une solution pour consommer la mode enfant, autrement.

Quel a été ton cheminement? As-tu rencontré des difficultés?

Le cheminement a été long. Au tout début, j’étais naïve… je m’efforce de l’être encore plus aujourd’hui ! Ça peut paraître étrange mais en réalité c’est une très bonne méthode. Par exemple, il m’est arrivé de me retrouver face à des difficultés que j’imaginais insurmontables. Dans mon cas, j’avais très peu d’apports pour me lancer, je n’avais ni garant ni caution pour la banque et mes besoins en financement étaient importants. Autour de moi, nombreux sont les gens à m’avoir dit « c’est impossible ». Et je l’ai fait. Ma naïveté m’a aidé à sortir du « réalisme » de ma situation pour envisager une autre issue possible et la concrétiser. Et c’est sans doute ce qui a été le plus difficile dans mon processus, mais ce dont je suis le plus fière aujourd’hui.

Sinon, je dirais qu’à part les imprévus, les risques, les tâches ingrates, les insomnies… ce n’est que du plaisir ! Et c’est ce que je me dis (presque) tous les matins quand je me lève.

Quelles qualités doit-on avoir pour être entrepreneur ?

Je crois que pour entreprendre il faut être persévérant, audacieux, humble, capable de se remettre en question, à l’écoute des autres et de surtout de soi-même. S’accorder le droit de se tromper c’est se donner une chance de réussir.

Etre une femme et jeune en plus, cela t’a aidée ou desservie?

J’espère qu’être une jeune femme ne change rien en ma capacité à porter ce projet, dans le boulot je suis avant tout entrepreneur(e). Il m’est arrivé de ressentir que je ne n’étais pas à ma place, mais heureusement c’est assez rare. Par contre, je constate que seulement 30% des entreprises crées en France le sont par des femmes et que moins de15% des entreprises dans le numérique ayant levé des fonds sont portées par des femmes. C’est encore peu et il serait temps de lever certains apriori sur le sujet de la femme au travail…

Quelle est TA journée type?

En fait, je n’en ai pas ! Je ne sais pas ce que c’est une journée type… Il y a tellement de choses différentes à faire dans une seule et même journée ! Mais ce que je fais tous les matins quand j’arrive au bureau c’est un café et ma « to do » du jour.

Que dirais-tu aux nanas qui veulent monter leur boite?

Je leur dirais « osez » dans tous les cas.

Et que dirais-tu aux nanas en général?

Je leur dirais encore et encore « osez »

Comment te projettes-tu dans 5 ans ?

Encore très naïve pour faire ce que je croyais impossible. Et pourquoi pas faire un bébé avec l’homme que j’aime…

Quelles sont tes autres passions? Le sport..?

J’ai honte… j’ai un peu, beaucoup arrêté de pratiquer. Je m’étais mise au yoga et je le recommande à toutes les nanas ! D’ailleurs, je vais m’y remettre (je le dis chaque semaine) mais j’adore ça. Mais ma passion préférée reste quand même le verre du vendredi soir avec mes copines.

Si ce n’est pas trop indiscret, es-tu en couple ? Si oui:)  t’encourage t-il ?

Je suis en couple avec quelqu’un qui m’encourage énormément. Je crois qu’on s’admire mutuellement et son soutien est une force pour mon projet.

Sophie s’est prêtée aux phrases à compléter:

  • Si c’était à refaire… je le referai, sans hésiter !Si j’avais choisi un autre job? Chef de produit dans l’agro-alimentaire (aucun rapport je sais, mais j’avais adoré).
  • Une soirée entre amoureux, je m’habille… body noir en dentelles, jean, bottines et perfecto.
  • Mer ou montagne je me pose encore la question…

Je remercie Sophie d’avoir répondu à mes questions avec beaucoup de gentillesse. J’ai noté que nous allions l’inviter à notre prochain Yog ‘n Wine:). Nous avons été ravies de l’associer à notre dernier event Fit MUM car elle a accepté d’offrir 2 abonnements à une future maman et une jeune maman.

Elle a osé franchir le cap de monter sa boite avec une idée qu’on trouve excellente à la rédaction, il y a un côté judicieux, faciliteur de vie pour toutes les mamans modeuses:). On n’est pas les seules à penser cela, elle a été finaliste de l’édition Be a boss.

Et qui plus, ce concept correspond bien à la mouvance actuelle de l’économie responsable. C’est bien.

En espérant que Sophie donne envie à des nanas de se lancer et comme elle dit d’oser:)

 

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