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Le magazine papier, c’est fini ?

Ecrit par Marie TERRY
le 17 juillet 2019

On l'adore, notre magazine de l'été à dévorer sur la plage, avec ses tests psychologiques et ses dossiers astro ! Mais le développement du web a littéralement bouleversé le fonctionnement de la presse écrite. Pourtant une complémentarité entre presse écrite et presse numérique reste possible, à condition que ces deux supports s'en tiennent strictement à ce qui fait leurs spécificités. La gratuité, un fil d'actu et des contenus multimédias pour internet ; des analyses et des enquêtes de fond entre autres, pour le papier !

Presse écrite ou presse en ligne ?

La quasi-totalité des Français(e)s déclare lire la presse chaque mois. Mais tous ne lisent pas l’information de la même manière. Selon une étude menée par l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM), les Français s’informent davantage sur le web (53 %), depuis 2016 déjà, que par l’intermédiaire de la presse papier (47 %). Et la tendance risque de s’accentuer davantage dans les prochaines années grâce au développement technologique toujours plus performant des supports numériques : ordinateurs, tablettes, smartphones, etc. Naturellement cela s’explique par un changement de nos habitudes de consommation, mais aussi par la diffusion massive de contenus gratuits présents sur internet ; les médias misant ainsi sur les revenus publicitaires générés par la visite de milliers d’internautes, chaque jour.

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Toutefois, face au net recul de la publicité en ligne — qui s’explique par une baisse de fréquentation des annonceurs préférant diffuser leurs publicités sur d’autres régies publicitaires plus performantes telles que Facebooks Ads ou Google AdWords —, l’Institut Reteurs a publié un rapport informant qu’une large partie des médias nationaux et internationaux devrait réduire drastiquement les contenus gratuits diffusés sur leur site.

De ce fait, on devrait voir dans les années à venir de plus en plus de médias pivoter vers un modèle intégralement payant ou vers des options novatrices, telles que le propose le magazine France Dimanche, de la presse people française, en offrant pour tout abonnement au magazine papier — via le site Je m’abonne par exemple — sa version numérique. Nul doute que les éditeurs devront user de subterfuges similaires pour inciter les lecteurs à payer un abonnement en ligne, là où d’autres sources d’informations resteront toujours gratuites — nous pensons notamment aux blogs, et wikis divers.

Mais soyons honnêtes, c’est moins marrant de s’amuser à cocher les cases d’un test psycho seule sur internet qu’en gloussant avec une copine sur la plage. Une bonne raison pour conserver nos magazines papier ! Les vacances, c’est le moment de débrancher le cerveau et de se mettre en mode détente.

On lit l’info différemment sur le net et sur papier

Au-delà du modèle économique, on peut s’intéresser au rapport même qu’entretiennent la presse écrite et la presse en ligne vis-à-vis de l’information. Alors que l’immédiateté de l’information était réservée à la radio et à la télévision, la presse écrite tirait son épingle du jeu avec ses enquêtes approfondies, son travail d’investigation et de recoupement des informations. C’est encore le cas pour les magazines qui proposent des reportages sociologiques, culturels, ou encore des voyages et des enquêtes de société.

La presse en ligne se situe aussi dans l’immédiateté, mais avec un espace de diffusion immense avec les réseaux sociaux comme Twitter et Facebook : non seulement l’info voyage vite, mais en plus elle se propage à une vitesse jusque-là inégalée. Qui n’a jamais reçu une dépêche d’information en notification sur son smartphone ? Qui n’a jamais vu son fil d’actu Facebook envahi de messages alarmistes et paniqués relayant tous la même info non vérifiée ?

Le web, par son aspect interactif et participatif, n’est pas forcément en train de phagocyter la presse écrite telle que nous l’entendons : ce sont bien deux moyens différents de s’informer, complémentaires, et qu’il faut utiliser en connaissance de cause. Toutes les deux ont leurs propres codes et usages que chaque éditeur se doit respecter.

Au lieu de vous battre, aimez-vous !

Chaque année, on nous parle des difficultés rencontrées par la presse écrite notamment de la baisse généralisée du nombre de tirages. Le web serait d’ailleurs l’un des plus gros responsables de ce chaos. Certes, l’avènement du web a quelque peu bouleversé le secteur de la presse écrite, mais n’est pas pour autant à considérer comme un concurrent. Peut-être même pourrions-nous envisager cette relation comme une relation complémentaire pouvant servir les intérêts de chacun ?

Rappelons que si le web a connu une forte expansion en quelques années seulement, il n’en reste pas moins que les informations qu’on y trouve — notamment sur les blogs et wikis — sont de qualité inégale. Difficile dans de telles conditions de vérifier la véracité des informations rapportées, de trouver les sources fiables, de reconnaître la manipulation d’information, etc. Naviguer sur le web demande un travail d’analyse et de réflexion supplémentaire pour ne pas tomber sur des fake news.

Le web permet de transmettre une information rapidement, et de la diffuser très largement en passant par différents canaux : sites, réseaux sociaux, plateformes vidéos, etc. L’internaute est friand des toutes dernières infos et des faits divers ; c’est pourquoi cet outil est redoutable et devrait être utilisé à bon escient, c’est à dire uniquement dans cet objectif-là.

On aime aussi la presse écrite pour ses articles de fond

La presse écrite, quant à elle, vient en renfort. Elle permet l’analyse ainsi que l’étude approfondie, c’est d’ailleurs ce qui fait son identité depuis sa création. L’investigation et le recoupement des informations vérifiées sont encore du domaine de la presse écrite, et c’est tant mieux. Le format papier reste à ce jour le format préféré des Français pour lire des analyses poussées et se divertir avec les jeux de mots fléchés, les sudoku, etc. En effet, lire sur écran c’est fatigant, sans compter toutes les publicités et sources de distraction, peu propices à la concentration.

Comme quoi, les journaux ont encore leur place chez nous, pourvu qu’ils conservent les contenus de fond au papier et qu’ils réservent les fils d’actu, les dépêches et les contenus multimédias à internet ! Et avouons-le, lire sur smartphone à la plage, entre le soleil sur l’écran, les doigts graisseux d’écran total, le sable, l’eau de mer, l’absence de coin pour recharger la batterie… c’est pas l’idéal, alors qu’on aura moins de scrupules à lire et relire un bon vieux Paris Match ou Ici Paris.

Ce n’est qu’en cohabitant de cette manière qu’une relation de complémentarité pourra naître entre le magazine papier et le site web d’information, et c’est aux journalistes de continuer leur travail de recoupement des informations et d’investigation, pour ne pas tomber dans la facilité des « on-dit » !

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