Noel

Réunions de famille pour les fêtes, on aime ou on appréhende ?

Ecrit par Justine Andanson
le 24 décembre 2017

Les réunions de famille, sont très souvent l’occasion de réjouissances mais aussi de règlement de compte. On assiste alors parfois à des conflits ouverts, faisant jaillir les griefs d’antan et la rancœur accumulée depuis tant d’années. Mais la plupart du temps celle-ci s’exprimera par des petites attaques voilées, des piques plus ou moins drôles, des silences lourds de sous-entendus ou encore des regards aussi acérés qu’exaspérés.

Noël, qui est avant tout la fête du don, de la générosité et surtout des enfants, reste paradoxalement un moment où certaines familles et personnes éprouvent plus que jamais la solitude, la frustration et/ou le sentiment d’obligation.

« De toute façon, il n’y a que moi qui fait tout » : Josiane, 45 ans Quel étrange sentiment de se sentir obligé de tout faire, alors que personne ne l’a demandé, et que l’on va reprocher à tout le monde de rien faire. Voici une belle illustration des paradoxes relationnels familiaux. Surtout quand on entend le témoignage des autres membres. « Chez ta mère, je peux rien faire, je peux rien dire ! J’ai juste à attendre que ça passe ! » Julia, 25 ans.

« J’ai pas le choix, je suis bien obligée d’y aller, chez ses parents, sinon c’est la guerre ! » Jessica, 26 ans.

Toutes les familles connaissent des sujets glissants, sur lesquels il ne faut pas s’aventurer sans risquer de transformer le déjeuner en pugilat. L’éducation des enfants, leur développement, les comparaisons entre eux, les préférences parentales réelles ou supposées, l’argent, la religion, la politique, le poids, la cigarette …

C’est pourquoi certains dîners peuvent donner l’impression de ne pas se rencontrer, car certaines familles pour éviter tout conflit, ont opté pour des échanges très factuels, un humour facile, de manière à ce que le discours soit peu chargé d’affect et ménage tout sentiment d’hostilité au risque parfois de passer à côté de l’essentiel : la rencontre.

« Chez ta sœur je m’ennuie, elle me parle que de son boulot, et son mec de sa voiture, après ils ont plus grand chose à dire, et moi non plus d’ailleurs ! » Boris, 35 ans.

Les occasions d’envenimer l’ambiance sont tout aussi multiples :

1- Les cadeaux : qui les as choisi ? A qui ils sont adressés ? Quel est l’engagement de la personne qui les a offert ? Et surtout, il y a-t-il une égalité entre les enfants ?

« J’ai trouvé ça moche, donc j’étais sûre que ça te plairait » Monique à sa fille.

« Pourquoi il a 6 cadeaux et moi 4 ? » Tom, 6 ans.

2- La cuisine : Il est important de féliciter les cuisiniers et leurs efforts, comme il est essentiel de cuisiner des plats et des aliments qui conviennent à tous.

« J’ai passé 3 jours chez ma belle-famille pour les fêtes l’année dernière, ma belle-mère s’est occupée de la préparation des repas et évidemment, elle n’a cuisiné que de la viande. Je suis végétarienne et elle le sait très bien … » Anna 36 ans.

3- Le comportement de chacun : comment chacun se comporte au sein d’un groupe, de la famille… Comment on fait vivre sa problématique personnelle au sein du groupe ? Et notamment le fameux complexe d’Œdipe, qui exacerbe la plupart des relations entre les couples et les beaux-parents.

Martine, 76 ans disant à sa bru en couple avec son fils depuis 32 ans « Depuis qu’il est avec toi, il dit que des gros mots ».

4- Les heures d’arrivée et de départ.

« Vous êtes toujours en retard toi et ton mari, à croire que vous le faites exprès, contrairement à ta soeur qui est arrivée en avance pour nous aider ! » Jeanne à sa fille.

5- Les jeux : parce que l’on y prend part ou non.

Les fêtes peuvent aussi être agréables et sereines. En général cela se produit quand chacun est à l’aise avec son ambivalence. L’ambivalence, c’est le fait d’avoir des sentiments d’amour et d’hostilité pour la même personne. Comme l’ambivalence est l’inverse de l’idéal, que celui-ci soit négatif ou positif, cela signifie que l’on accepte d’aimer l’autre avec ses défauts, et également que l’on reconnaît des qualités chez une personne que l’on affectionne peu ou pas. Par extension, cela signifie que l’on comprend que l’on reste digne d’amour même si on fait des erreurs ou que l’on ne corresponds pas totalement au désir de l’autre.

Ainsi on n’aura pas peur de perdre l’amour de la personne si on a pas choisi le cadeau escompté, si la bûche est mauvaise… Être à l’aise avec son ambivalence, c’est aussi laisser la place aux autres en tant que sujet, en tant que personne distincte de soi et avec des désirs, des pensées estimables et avec une autonomie propre.

Les fêtes de familles qui se passent bien, sont celles où chacun peut s’exprimer librement et dont les silences seront également respectés, celles où les invités ne sont pas mis en position d’objets ou de public alimentant la mise en scène des conflits inconscients de chacun.

Les Noëls qui se passent le mieux sont ceux où tout le monde comprends le but de la fête, l’intérêt qui nous transcendent et qui nous dépassent tous, le partage, la transmission et les enfants.

Bonnes fêtes !

Par Zoé Piveteau
Psychologue Clinicienne
20 Rue Fénelon
92120 Montrouge

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Commentaires (1)
  1. lea145

    Plutôt original ces idées de couleurs

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