Ecologie

Les 5 trucs pour tout comprendre à l’écologie et en parler aux enfants

Ecrit par Justine Andanson
le 20 avril 2021

Comment comprendre soi-même les grands sujets type réchauffement climatique et les expliquer autour de nous, même aux plus petits? Voici 5 façons de les aborder, avec Anne Thoumieux, l’autrice du livre « Dis, c’est vrai qu’on peut soigner la Terre ? »

1° Prendre une image pour illustrer un concept

Une fois que l’on a compris une définition ou un problème écologique, il suffit de le transposer dans une sorte d’histoire, ou avec des mots imagés qui aideront l’enfant à qui on l’explique, à comprendre. « Par exemple pour expliquer le réchauffement climatique, on dit que les rayons du soleil sont comme des ballons qui viennent de l’espace, rebondissent sur la Terre puis retournent dans le ciel en emmenant la chaleur et en traversant un nuage, l’atmosphère. Si certains gaz produits par les avions ou les voitures, mais aussi dus à l’élevage, épaississent ce nuage, il devient comme un couvercle : les rayons ne passent plus et la chaleur reste coincée en dessous, comme dans une serre, c’est l’effet de serre. C’est pour cela qu’il faut manger moins de viande et moins prendre l’avion.» explique Anne Thoumieux. Le mieux est en effet d’utiliser des images qu’il connait pour qu’il comprenne la métaphore… suivi d’une application concrète. Bonus : ces images peuvent aussi aider les adultes à enregistrer une information !

2° Dire la vérité avec des mots simples

Les problèmes écologiques peuvent être durs à encaisser émotionnellement, et créer de l’éco-anxiété, chez les adultes comme les enfants. En effet, la plupart des gens sont naturellement sensibles à la cause animale par exemple et ne peuvent comprendre la cruauté, ou le fait que le business et la rentabilité passent avant la Vie. « Parfois, c’est dur d’expliquer sans tomber dans la dualité « méchants/gentils » avec les enfants. Alors on va dire ce qu’il en est vraiment : les gens qui rasent la forêt amazonienne pour y planter des palmiers préfèrent l’argent aux animaux qu’ils vont tuer. En revanche, on peut aussi avouer quand on ne sait pas expliquer. Par exemple face à la corrida ou la chasse, on peut dire « Je ne sai vraiment pas comment on peut faire ça. » conseille l’autrice. Les enfants peuvent entendre la plupart des choses, mêmes tristes, si les mots sont bien choisis.

3° Donner des exemples

Parfois, des exemples concrets et à leur portée permettent de faire comprendre un pan entier de connaissance. C’est le cas pour la biodiversité par exemple avec le cycle de fertilité des sols : le soleil fait pousser l’herbe, la vache mange l’herbe et des graines, puis rejettent une bouse de vache qui va enrichir la terre qui va donner de nouvelles plantes etc…ou encore avec la chaine alimentaire : les pucerons mangent la sève des plantes, les coccinelles mangent les pucerons, les araignées et les fourmis mangent les coccinelles, les oiseaux mangent les araignées… Si une espèce disparait, la suivante n’aura plus à manger etc… « Les exemples concrets permettent aussi d’aborder des solutions et des changements que l’enfant peut comprendre. Expliquer la pollution émise par les usines de fabrication des objets fait facilement accepter à l’enfant l’idée d‘acheter des jouets ou du matériel d’occasion par exemple » explique l’autrice. Et les exemples ne manquent ni à la campagne, ni à la ville, ni à la mer. Le thème des déchets et du plastique est une autre source d’exemples faciles à comprendre pour les plus jeunes : le lien entre un emballage jeté sur la plage et un animal marin qui en souffre se fait spontanément.

4° Les amener aux solutions eux-mêmes

Chaque discussion et chaque explication avec l’enfant, mais aussi des proches, peut amener à poser la question : à ton avis, que pourrait-on faire et « A ton avis, c’est bien ou pas ? ». On aborde ainsi des aspects sociaux de l’écologie et on peut envisager des solutions. Poser ces questions dans le cadre d’explications sur la fabrication des vêtements à bas prix à l’autre bout du monde, en payant les ouvriers une misère peut amener l’enfant (et l’adulte) à se dire de lui-même : ce n’est pas bien de traiter les gens comme ça, il vaut mieux acheter moins de vêtements pas chers, ou plus du tout. C’est l’initiation à l’idée de choix et de « pouvoir d’achat » au sens du pouvoir d’acheter… ou non ! « L’exemple de la forêt amazonienne rasée pour planter des palmiers à huile exterminant des milliers d’espèces d’insectes, d’animaux, de plantes et de micro-organismes est généralement suivie d’effet immédiat : l’enfant va boycotter l’huile de palme et la traquer de lui-meme sur les étiquettes! » illustre Anne Thoumieux.

5° Expérimenter de nouveaux gestes

Enfin, la compréhension des problèmes écologique peut passer par l’expérience de nouvelles habitudes. Ce sont alors ces actions-là qui vont déclencher la réflexion et non l’inverse, et cela ne peut bien sûr être initié que par les parents. Se mettre à acheter en vrac va nécessairement déclencher un intérêt accru de l’enfant (qui ne manquera pas de vouloir participer) mais aussi plein de questions. L’occasion de parler emballages mais aussi nourriture industrielle et circuit court. « L’apprentissage passe en premier lieu par l’exemple. Les enfants de parents végétariens ne le deviennent pas nécessairement mais sont forcément plus sensibilisés au problème de la souffrance animale et des gaz à effet de serre dus à l’élevage intensif… pour peu que les parents aient donné ces explications. Dans tous les cas, les gestes appris dans l’enfance marquent la conscience… et l’inconscient ! » estime la journaliste et autrice. A nous de laisser la voiture au garage pour les déplacements proches, de bannir Coca Cola et les entreprises néfastes ou encore de se lancer dans un potager : pendant ce temps, les enfants enregistrent !

Notre coup de coeur lecture 
Comment répondre aux questions sans détours de nos enfants quand nous avons nous-même du mal à comprendre la portée de la crise écologique qui nous menace ? A travers 40 questions pointues, ce petit traité d’écologie a pour objectif d’expliquer facilement sans langue de bois les enjeux environnementaux d’aujourd’hui et de demain, de 7 à 77 ans. Pour chaque question, une réponse détaillée est formulée pour les adultes, et une plus accessible est proposée pour les enfants avec des mots plus simples. Une vision à 360° essentielle à la réflexion sur nos choix de vie actuels et à venir dans un ouvrage à la portée de tous, éclairé de nombreuses interviews d’expert-e-s et d’un chapitre pratique pour agir en famille.
Dis, C’est Vrai qu’on peut soigner la Terre ? Anne Thoumieux, Leduc, 18,90€

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