cinéma

L’avis d’une cinéphile sur la 67e édition du Festival de Cannes

Ecrit par Coline Maisel
le 28 mai 2014

La 67e édition du Festival de Cannes est finie, Coline Maisel, cinéphile et jeune productrice de cinéma, nous donne son avis sur les films qu'elle a vus durant sa semaine cannoise.

« Ma Clôture à moi »

Le cru 2014 du Festival de Cannes donnait à voir beaucoup de contre-emplois : Cotillard chez les Dardenne, le réalisateur de « OSS 117 » qui s’attaque à un film de guerre en Tchétchénie, l’héroïne de « Twilight » chez Assayas, Gosling qui s’essaye à la réalisation…

Voici un petit florilège de films dans lequel vous pourrez picorer pour savoir un peu mieux de quoi va parler cette année de cinéma bien chargée.

« St Laurent », Bertrand Bonello (En Compétition) **** : Une mise en scène au cordeau et un esthétisme parfait. Gaspard Ulliel est incroyablement convaincant dans la peau du maître des couturiers pour lequel il a perdu du poids. Il arbore une fragilité et une délicatesse bouleversantes de réalisme. Louis Garrel, beau comme une peinture, est très juste également en amant terrible. En revanche, Jérémy Rénier est un peu effacé en Pierre Bergé.

« The Search », Michel Hazanavicius (En Compétition) **** : Une chose est sûre, Hazanavicius sait tout faire. Le réalisateur était attendu au tournant après le succès planétaire et lauréat de plusieurs Oscars « The Artist ». Il prouve qu’il peut changer de registre comme de chemise et nous offrir un film nécessaire sur cinq destins croisés dans le néant d’un conflit tel que celui de la guerre en Tchétchénie. Une mise en scène très maîtrisée et des acteurs extraordinaires.

« Incompresa », Asia Argento (Un Certain regard) **** : Asia est déjantée et son film l’est aussi pour notre plus grand plaisir. Un film à l’italienne, cruel parfois mais qui ne manque pas de tendresse. Coloré et bien interprété par une jeune actrice très attachante et une Charlotte Gainsbourg dont on n’aimerait pas être la fille.

« Sils Maria », Olivier Assayas (En Compétition) **** : Il s’agit d’une réflexion sur le métier d’acteur très bien amenée par une si douce Juliette Binoche qui aurait mérité le prix d’interprétation féminine. Le choix de Kristen Stewart pour jouer son assistante est très judicieux : les deux forment un parfait duo entre jeunesse et sagesse, entre névrose et raison.

« Maps to the stars », David Cronenberg (En Compétiton) *** : Un portrait d’Hollywood au vitriol, une satire qui va extrêmement loin jusqu’à transformer ses protagonistes en véritables monstres dénués d’humanité, schizophrènes et tout simplement perdus dans cette jungle du star-system. Cronenberg franchit la limite du très glauque mais de manière maîtrisée.

« Deux jours, une nuit », Frères Dardenne (En Compétiton) ** : Faire perdre son travail à une collègue et bénéficier d’une prime ou l’inverse ? Le questionnement est intéressant mais Marion Cotillard est loin d’être époustouflante, comme beaucoup le disent, dans ce film à l’anaphore inutile puisqu’elle va demander à chacun de ses neuf collègues, de manière redondante, d’abandonner leur prime. Manque de subtilité.

« L’Homme qu’on aimait trop », André Téchiné (Hors Compétition) ** : C’est un film de genre où le langage soutenu est de rigueur… Et l’ennui aussi, visiblement. Catherine Deneuve est égale à elle-même. Seul Guillaume Canet tire son épingle du jeu en maîtrisant la subtilité de son personnage qui ne dévoile jamais ses véritables aspérités.

« Jimmy’s hall », Ken Loach (En Compétition) ** : Le réalisateur aborde, comme dans chacun de ses films, les problèmes des petites gens. Ici, c’est une jolie histoire mais filmée de manière très plate et qui perd rapidement de son intérêt.

« Lost River », Ryan Gosling (Un Certain regard) * : Comment te dire Ryan… Ce n’est pas un film mais une expérience sensorielle assez douteuse. Gosling a pris le parti de tout miser sur l’image et certes, l’esthétique est là mais où est le scénario ? Un film, c’est d’abord une histoire (et ce n'est pas Christophe Baratier qui nous contredira) et ici, il n’y en a aucune. C’est un caprice d’enfant que l’acteur a voulu assouvir. Certes, la critique est facile et l’art difficile mais, je crois qu’on va s’arrêter là.

Après le tapis rouge, les belles robes, les dix films en cinq jours, bref, Cannes pendant le Festival et quelques coupes de champagne (il faut bien le dire…), toutes les bonnes choses ont une fin et maintenant, retour à la vie normale.

Que le discours de Xavier Dolan, lors de la cérémonie de clôture, rentre dans les oreilles de tous ceux qui ont la flamboyante jeunesse du réalisateur et qui veulent faire du cinéma leur métier : il y a de l’espoir !

Clap de fin !

Par Coline Maisel (Magic Time Productions)

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