Interview

Deborah Ferrand, parachutiste et nana du mois de juin

Ecrit par Marie TERRY
le 18 juin 2016

La tête dans les étoiles et les pieds sur terre, à un cm près, c'est notre nana du mois de juin, Deborah Ferrand, 33 ans, parachutiste dans l'équipe militaire, dans le civil et présidente de l'association Ang’elles. Pourquoi elle? Dans ces périodes troubles, mettons en lumière des nanas qui s'engagent dans l'armée et si elle peut en plus assouvir sa passion, alors tant mieux pour elle. Portait d'une nana passionnée qui voit la vie de haut.

Trucs De Nana: Comment t’es venue cette foutue idée de faire du parachutisme?

Deborah Ferrand: Je me suis engagée dans l’armée de l’air en 2001. Le brevet de parachutisme militaire (sauts à 400 mètres avec un parachute rond) faisait partie de ma formation, j’ai donc voulu voir avant ce que ça faisait de se jeter d’un avion. Le parachutisme sportif est néanmoins différent puisque nous utilisons des voiles de type « ailes » dirigeables.

Etais-tu casse-cou ou as-tu surpris ton entourage?

Jeune, j’étais un peu plus casse cou que maintenant 😉 Avec l’âge, on fait un peu plus attention et j’avoue que je ne ferai pas des choses aujourd’hui que j’aurais pu faire il y a quelques années, comme le base jump par exemple (sauter depuis une falaise).

Quelles sont pour toi les qualités requises pour faire ce sport?

Pour faire du parachutisme il faut un physique qui tienne la route ! Les chocs à l’ouverture du parachute et les atterrissages répétitifs fragilisent le dos, les cervicales et les articulations. Il faut aussi être lucide parce qu’il s’agit d’un sport aérien et que rien ne nous rattache au sol…

A quel âge as-tu commencé? Peux-tu en quelques lignes parler de ton parcours?

J’ai fait mon premier saut le 03 juin 2001 à Nîmes, j’avais 18 ans. Je me suis engagée dans l’armée de l’air en septembre (j’avais déjà 60 sauts), et après une instruction de 8 mois puis mon affectation, j’ai repris mon activité para. Le directeur technique de Nîmes m’a initiée à la précision d’atterrissage et j’ai fait ma première compétition été 2002. J’ai effectué quelques stages d’entraînement au sein de l’équipe de France militaire car ils avaient la volonté de reconstituer une équipe féminine. En 2004, j’ai intégré les équipes de France civile et militaire, et ai fait mes premiers championnats du monde (civil et militaire).

Alors le premier saut en solo?

Et bien le premier ! J’ai fait une « formation traditionnelle en automatique » : une sortie d’avion à 1200 mètres, seul, avec une « sangle à ouverture automatique » reliée entre l’avion et le parachute afin d’ouvrir celui-ci. Le « pire saut » n’est pas le premier, c’est le deuxième…parce qu’on sait à quoi s’attendre !

Alors le premier saut en tandem avec une grosse responsabilité?

J’ai fait mon premier saut en tandem…à 1300 sauts ! Un ami passait la qualification moniteur tandem et avait besoin de « cobayes » dans le cadre de sa formation. Il faut savoir qu’on peut commencer le parachutisme en sautant seul. Le saut en tandem est plus apparenté à un « tour de manège » pour les personnes qui souhaitent une expérience unique de sensations fortes.

(Je le ferais bien moi le tour de manège!)

A quoi penses-tu quand tu t’élances?

En parachutisme la sortie d’avion reste un moment «  fun ». Elle peut être particulièrement agréable si il s’agit d’un aéronef particulier, comme un hélicoptère par exemple. La plupart de mes sauts sont de l’entraînement donc des sauts de travail. Cependant la sortie d’avion reste stratégique puisque un bon largage va conditionner le saut, notamment en précision d’atterrissage !

Le mot peur figure t-il dans ton vocabulaire?

Bien sûr. Le risque zéro n’existe pas. Il faut rester conscient du fait qu’on se jette d’un avion, on tombe…  Je pars toujours du principe que si on respecte les règles de sécurité, il n’y a pas de raisons que ça se passe mal. On enterré notre coéquipière en 2013 suite à un accident en para, ça a été un coup très dur. J’avoue que depuis j’ai parfois une certaine appréhension sur certains sauts, voire peur quand les conditions sont vraiment difficiles ou qu’elles deviennent dangereuses sans prévenir (vent violent et turbulences…).

Quelles nanas admires-tu le plus?

J’admire les nanas qui font des sports « à armes égales » avec les hommes, et qui arrivent à des performances identiques. Je suis sur Facebook une nana dont j’adore le style – Annélie POMPE – C’est une aventurière, apnéiste, grimpeuse, yogiste… J’adore parce qu’elle nous fait voyager avec des super photos. J’essaye d’imiter son style en essayant de faire des photos sympas en para, avec les petites caméras de sport en vogue ces dernières années…

A la tête d’une association, les Ang’elles, explique-nous cette volonté d’avoir crée cette association

Dans ma quête de podiums, je peux compter sur le soutien de mon équipe féminine. Nous sommes en progression et dénichons de futurs talents pour rivaliser un jour avec des nations telles que la Russie ou la Chine. Pour se faire et afin de démarcher des sponsors en vue de soutien financier, nous avons créé en 2012 l’Association « Ang’elles » qui regroupe tout notre collectif féminin de précision d’atterrissage et voltige. Notre persévérance nous a permis de signer récemment un contrat de sponsoring avec Airbus, qui sera d’une aide précieuse dans le financement des entraînements et compétitions ne pouvant être prises en charge par notre fédération. Nous sommes également en partenariat depuis 2014 avec Anita Active qui nous soutient financièrement mais également « physiquement » avec des produits de qualité !

Cette année nous avons plusieurs échéances internationales. Les championnats du monde militaires en Russie en juillet, les championnats du monde civils à Chicago, et le circuit de la Coupe du monde de précision d’atterrissage (6 étapes en Europe) qui terminera en octobre. A chacune des ces compétitions un seul objectif : gagner !


Deborah Ferrand, la 3e sur la photo.

Quelle est la panoplie de la parfaite parachutiste?

En parachutisme, il n’y a pas de style particulier pour un sautant qui veut se faire plaisir. En jean T-shirt ça passe très bien ! Une paire de baskets avec un bon amorti pour l’atterrissage… Et des cheveux longs attachés, nattés, sinon le démêlage est difficile en fin de journée !

En revanche dès qu’on commence à pratiquer une discipline, des combinaisons spécifiques s’imposent. En précision d’atterrissage, moulante surtout au niveau des chevilles (on pose le pied donc il faut bien le voir !) ; en voltige, une combinaison avec un tissu aérodynamique pour avoir de la vitesse en chute libre ; en vol relatif, avec des « boudins » sur les bras et les jambes pour pouvoir tenir ses coéquipiers facilement afin de faire des figures.

Et cela peut faire sourire, du maintien dans les sous-vêtements car la poitrine est très sollicitée comme dans d’autres sports. Et des tenues plus sexy:) de temps en temps.

Un vrai Truc De Nana la poitrine ! Peut-on en savoir plus?

Je fais confiance dans la marque Anita Active, dont je vous ai parlé plus haut qui propose des brassières de qualité avec un maintien extrême. Pour nous, c’est le must des brassières et là aussi, on n’a pas le droit à l’erreur. Je préconise vraiment cette marque dans les sports à fort impact comme le mien mais aussi le running, la boxe, les cours cardio…( brassières testées et approuvées par la rédac !).

As-tu un rituel quand tu sautes? Un objet que tu portes toujours sur toi?

Je fais de la préparation mentale, j’ai donc un « rituel » de préparation du saut, de visualisation. Sinon physiquement parlant, sur mon altimètre j’ai cousu le chiffre « 00 », le score parfait en précision d’atterrissage. Une façon de me rappeler mon texte !

Quel autre sport pratiques-tu?

En hiver, je fais du ski de fond pour la préparation physique. En été, je fais du stand up paddle quand j’en ai le temps. Pour le reste c’est plutôt classique : course à pied, muscu (j’ai horreur de ça), et pas mal de séances à l’ergomètre (ce que les gens appellent communément le « rameur »), en tant que fan d’aviron (vivement les JO !), sport que j’ai pratiqué peu de temps en compétition quand j’étais adolescente.

Le milieu est-il un milieu macho?

Comme dans beaucoup de milieux, c’est mitigé. Mais je suis dans un milieu à forte dominante militaire, et j’ai rencontré pas mal de machos. De plus dans ma discipline de cœur (la précision d’atterrissage), les femmes peuvent être aussi bonnes voire meilleures que les hommes. J’ai gagné quelques compétitions en classement mixte avec des résultats honorables, et je sais que ça ne plait pas toujours à certains ! Ce n’est pas grave, je peux comprendre. Mais plus ils râlent, plus ça m’incite à recommencer !

Jusqu’à quand penses-tu sauter?

Je dis toujours « tant que mon physique tient, je continuerai tant que je n’aurai pas 15 titres de championne du monde ! ». Il y a encore du travail…

Que dirais-tu aux nanas qui vont te lire?

Les filles sont toujours plus courageuses que les hommes pour sauter (véridique, vérifié auprès de nombreux moniteurs), alors n’hésitez pas ! « Girl power! Les femmes prouvent aussi leur courage, après des siècles de lutte acharnée contre le « pouvoir masculin ». Alors osez faire selon vos envies, ne vous posez pas de questions, faites le d’abord pour vous et pas pour leur prouver quoique ce soit! Sinon, le parachutisme est un sport comme un autre, avec ses contraintes de temps, de temps (et oui ! Météo !), d’argent… Mais c’est tellement un plaisir de sauter. On dit souvent « seuls les paras savent pourquoi les oiseaux chantent »…

Deborah vit dans son jura où elle aime se ressourcer entre deux compet. Un grand merci à Deborah d’avoir pris le temps de répondre à nos questions avec sa gentillesse et son sourire qui la caractérisent. Une belle énergie et un bel appétit de vivre. Qui veut tenter un saut en tandem avec elle?

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Commentaires (1)
  1. dindonno

    Super Nana du mois, Félicitations !!!

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