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Cabine d’essayage virtuelle : révolution ou déception ?

Ecrit par Justine Andanson
le 1 juin 2010

La semaine dernière, lorsque ma rédactrice en chef m’a demandé de tester la cabine d’essayage virtuelle de H&M, j’ai littéralement bondi de joie en apprenant qu’une telle chose existait : quelqu’un avait enfin inventé la réponse à toutes mes prières ! Aux miennes et à celles de toutes les filles qui, comme moi, haïssent purement […]

La semaine dernière, lorsque ma rédactrice en chef m’a demandé de tester la cabine d’essayage virtuelle de H&M, j’ai littéralement bondi de joie en apprenant qu’une telle chose existait : quelqu’un avait enfin inventé la réponse à toutes mes prières ! Aux miennes et à celles de toutes les filles qui, comme moi, haïssent purement et simplement les véritables cabines d’essayage, avec leurs éclairages au néon qui vous font un teint épouvantable, leurs miroirs grossissants que je soupçonne d’être d’anciennes glaces déformantes récupérées à bas prix dans des fêtes foraines et leur capacité à vous faire ressortir de la boutique à laquelle elles appartiennent encore plus bourrée de complexes que lorsque vous y êtes entrée.
C’est donc avec un enthousiasme proche du délire que je me rends sur le site de H&M, [url=http://www.hm.com/fr]Hm.com[/url], où je clique d’abord sur Inspiration puis sur Cabine d’essayage. A la gauche de mon écran s’ouvre alors une fenêtre dans laquelle tournoient lentement deux mannequins virtuels, un homme et une femme, entourés d’instructions en anglais. Mais pas de panique ! Même celles qui rêvaient au Prince Charmant pendant les cours peuvent comprendre de quoi il s’agit. Je clique donc sur Women-Create my model et c’est parti ! En avant pour tester la cabine du futur, celle qui va révolutionner notre façon de faire du shopping et qui réduira toutes ces vendeuses hypocrites au chômage (vous savez, celles qui vous jurent en vous regardant droit dans les yeux que ce petit top est absolument splendide sur vous alors même que le dit top vous comprime tellement la poitrine que vous êtes pratiquement au bord de l’asphyxie) !
Je dois maintenant créer mon modèle virtuel et pour commencer, il faut que je lui donne un prénom : comme je n’aime pas trop le mien, j’opte pour celui de mon actrice préférée et la fille que j’aurais voulu être. Je baptise donc mon double virtuel Keira et je passe à l’étape suivante. Là, on me demande de choisir la forme et le teint de mon visage parmi les six exemples proposés. Mais ceux-ci sont présentés surmontés d’une serviette enroulée autour de la tête et les cases sont si petites qu’il est difficile de bien les distinguer. Après un instant de réflexion, je clique sur le visage le plus rond et le plus pâle qu’il y ait : il s’affiche alors aussitôt sur mon modèle et je dois dire que c’est plutôt ressemblant.
Ensuite, je dois définir la forme de mon corps. Trois possibilités de silhouette : plus large du haut, plus large du bas, en sablier. Je clique sur cette dernière et m’apprête à préciser ma taille. Problème : je mesure 1m 64 et les tailles proposées allant de deux en deux en chiffres impairs, j’ai le choix entre 1m 63 et 1m 65. Bon, allons-y pour 1m 65 !
A présent, je dois indiquer mon poids. Et là, je l’avoue, la tentation de tricher est grande ! Aucune envie d’inscrire mon poids véritable, qui d’ailleurs ne regarde personne et surtout pas H&M. Sans compter que je ne suis même pas certaine que ce soit là mon poids réel vu que je suspecte ma balance d’être une affreuse mythomane. Cependant, après quelques minutes de tergiversations, c’est la voix de la raison qui l’emporte (« mentir, c’est mal et puis dans ce cas-là, cela rendrait toute ta démarche complètement inutile») et je finis par taper X kilos dans la case Weight (vous n’avez quand même pas cru que j’allais vous révéler combien je pèse, hein ?). L’information est immédiatement reportée sur mon modèle et à ma grande surprise, je fais plus mince que dans la vie réelle. Un peu plus loin (entre-temps, j’ai précisé mes tours de poitrine et de taille), je suis donc obligée d’épaissir quelque peu ma silhouette – il est également possible de l’affiner – pour que ce soit plus réaliste.

Ne me reste plus qu’à préciser les caractéristiques de mon visage, à choisir ma coiffure et ma couleur de cheveux (là encore, les teintes proposées sont difficiles à distinguer) et ça y est, mon moi virtuel est enfin créé. Après l’avoir enregistré, m’être choisi un identifiant et un mot de passe, je peux enfin commencer les essayages.
[image]http://www.trucdenana.com/photos/20073010-cabinevirtuelle-1_grand.jpg[/image]

J’entre donc dans le dressing-room et je décide de commencer par les jupes. Six modèles me sont proposés, je les essaye tous, les uns après les autres. Génial, ces jupes me vont toutes à la perfection ! Y compris cette mini à carreaux gris qui dans la réalité me donnerait l’air d’une vache en tablier. Aïe aïe aïe, je pressens tout à coup que cette cabine virtuelle ne va pas être aussi révolutionnaire que je l’aurais souhaité. Bon, passons aux robes. Cette fois, j’ai droit à quinze modèles et c’est beaucoup plus réaliste que pour les jupes : comme dans la vie, les robes courtes et moulantes sont monstrueuses sur moi tandis que celles un peu plus longues et à la coupe plus ample sont par-fai-tes ! Je réussis même à me trouver plutôt jolie, ce qui dans une véritable cabine d’essayage ne m’est encore jamais arrivé. Je reprends espoir et passe aux hauts. J’essaye les huit modèles que l’on me propose et patatras, ils me vont tous très bien alors que je sais pertinemment que ce ne serait pas le cas dans la réalité. Je scrute mon double virtuel et ne tarde pas à comprendre pourquoi : le problème, c’est que si l’ordinateur prend bien en compte le poids qu’on lui indique, il crée des rondeurs lisses sans reproduire les petits bourrelets disgracieux que possède toute fille pulpeuse digne de ce nom. Ce qui fait que la donne est complètement faussée !
Je passe aux jeans et aux pantalons mais sans conviction : je sais maintenant ce qui m’attend. Quatre modèles de chaque, j’essaye. Il faut savoir que je ne porte absolument jamais de jean, cela ne me va pas du tout. Eh bien là, ils tombent tous impeccablement sur mes jambes, même les slims. Et pour cause : mon avatar n’a pas de culotte de cheval! Je clique sur Rotate et je fais pivoter mon double, d’abord de profil puis de dos. C’est bien ça, pas de culotte de cheval et pas de gros popotin rebondi qui ressort abominablement non plus alors que dans la vraie vie, on ne voit que lui! Idem pour les pantalons : cela ne correspond pas du tout à la réalité!

Pour terminer, je décide de faire comme si j’avais trouvé quelque chose à mon goût et que je veuille l’acheter: je clique donc sur la mention Shop Online qui apparaît au-dessous de chaque article.
Problème : ce lien me dirige sur le site suédois de H&M ! J’ai eu beau chercher et cliquer un peu partout, impossible de tomber sur un site en français ou même en anglais. Je retourne donc sur le site français mais ne trouve aucun lien qui permette d’acheter en ligne. Je me rends alors sur celui en anglais où j’aperçois immédiatement une autre mention Shop Online. Fière de moi, je clique et hop! je me retrouve illico et de nouveau sur le site en suédois. J’en conclus donc que si on veut acheter en ligne des vêtements H&M, il faut d’abord apprendre le suédois!
Bilan de ce test : bien que très amusante à utiliser, la cabine d’essayage virtuelle est – en tout cas pour moi – plutôt une déception qu’une révolution. Dommage, car de prime abord le principe m’avait plutôt séduit mais pour l’instant, il n’est pas encore complètement au point. Le modèle virtuel ne prend pas en compte suffisamment de caractéristiques morphologiques pour être véritablement réaliste.
A mon grand regret, je ne suis donc pas près de déserter les cabines d’essayage traditionnelles! Mais peut-être un jour, qui sait…

Par Caroline Salvetti.

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