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Tests projectifs, késako ?

Ecrit par Justine Andanson
le 1 juin 2010

Il existe en psychologie un très grand nombre de tests : verbaux ou de performance (puzzle à reconstituer, mosaïque à reproduire …), d’efficience intellectuelle ou de personnalité, d’application individuelle ou collective. Les tests projectifs confrontent le sujet à une situation à laquelle il répond suivant le sens qu’elle a pour lui, car les stimuli utilisés, […]

Il existe en psychologie un très grand nombre de tests : verbaux ou de performance (puzzle à reconstituer, mosaïque à reproduire …), d’efficience intellectuelle ou de personnalité, d’application individuelle ou collective. Les tests projectifs confrontent le sujet à une situation à laquelle il répond suivant le sens qu’elle a pour lui, car les stimuli utilisés, faiblement structurés, peuvent donner lieu à un nombre très large de réponses. Les tests projectifs font appel aux mécanismes d’adaptation à la réalité, qui régissent l’utilisation adéquate de perceptions, et aux mécanismes de projection par lesquels se traduisent les éléments fantasmatiques et affectifs qui font la singularité du sujet. Les principaux tests projectifs utilisés sont le Rorschach et le « Thematic Apperception Test » (TAT) chez l’adulte, le « Children Apperception Test » (CAT) et le test de Patte-Noire chez l’enfant :

Le Psychodiagnostic de Rorschach ou Test de Rorschach est le test projectif le plus célèbre. Il est composé de dix planches représentant chacune une tache d’encre sur fond blanc obtenue par pliage, c’est-à-dire symétrique. Cinq de ces taches sont noires, deux sont noires et rouges et trois sont dans les teintes pastel. Dans un premier temps, le psychologue demande au sujet de lui dire à propos de chaque planche «à quoi ça lui fait penser ». Par la suite, les réponses son analysées dans le but de déterminer pour chacune d’elles le type d’appréhension (la réponse concerne-t-elle toute la tache ou une partie seulement ?), le déterminant (forme, couleur, impression de mouvement ou sensation de texture de la tache), le contenu (animal, humain, objet, etc…). La synthèse des résultats fournit une interprétation de l’ensemble des données qui apporte des informations sur la nature de l’angoisse et des relations d’objets, les mécanismes de défense, l’organisation du Moi, le rapport au réel, l’image du corps… Cette interprétation peut aussi apporter des hypothèses psychopathologiques interprétables en termes de diagnostic d’organisation (névrotique, psychotique…).
Le « Thematic Apperception Test » ou TAT est composé d’une série de planches (4 à 6) représentant des situations sociales variées à un ou plusieurs personnages. Ces planches consistent en une série d’images floues, de signification ambiguë, à partir desquelles un sujet doit inventer une histoire. L’hypothèse de base est que le sujet va s’identifier au héros du récit et lui attribuer ses propres pensées, ses sentiments, ses tendances et ses problèmes. L’interprétation du TAT (dont le matériel obtenu est analogue à celui des rêves) repose sur une analyse du contenu et de la forme de chaque récit et vise à un repérage des noyaux conflictuels du sujet et de ses mécanismes de défense. Il sert aussi à évaluer le besoin d’accomplissement. Ce teste promeut un idéal du Moi fort, se laissant enrichir mais non envahir par des fantasmes inconscients. Comme le Rorschach, le TAT permet donc de faire des hypothèses diagnostiques mais aussi d’apprécier le fonctionnement psychique de la personne.
Avec les enfants, on utilise fréquemment des tests comme le « Children Apperception Test » (CAT) dont la structure est celle du TAT dans une forme adaptée aux enfants de 3 à 8 ans (il existe aussi une version pour les adolescents). Ainsi, ce test comporte dix planches représentant divers animaux. On a utilisé les animaux plutôt que les humains puisque, selon la conception classique, la projection semble plus facile pour les jeunes enfants par le déplacement sur le monde animal.
On utilise également auprès des enfants le test dit de « Patte-Noire ». Ce test présente l’histoire du cochon Patte Noire (qui se distingue des autres par la présence d’une tache noire sur la patte) et de sa famille sous la forme de 19 planches de dessins. La passation du test se compose de quatre phases. Tout d’abord, on demande à l’enfant d’identifier tous les membres de la famille. Par la suite, on lui propose de regarder les planches et de choisir celles dont il a envie de raconter l’histoire. À la troisième étape, l’enfant a la possibilité de faire la différence entre les planches aimées et non aimées et de verbaliser sur ses choix. Enfin, on raconte à l’enfant que Patte Noire a rencontré une fée et on lui demande de trouver les trois souhaits qu’il a formulés.
D’autres questions peuvent également être posées par la suite. L’originalité de cette épreuve consiste en sa méthode d’application qui se différencie d’une présentation obligatoire et ordonnée des planches. L’interprétation des réponses se base sur le contenu manifeste et latent des planches à travers certains thèmes (agressivité, oedipe, etc.).
Enfin, en matière d’inventaires de personnalités, il existe aussi des techniques plus objectivantes que les tests projectifs comme les échelles d’évaluation qui ne comparent par les sujets aux autres mais donnent une note. Si vous voulez en savoir plus, consultez « Psychanalyse et méthodes projectives » par Catherine Chabert dans la collection Topos chez Dunod.

Photos : University of Massachusetts Amherst, Fine Arts Center ; Société de Psychologie de l’Université de Sydney

Sources : Grand Larousse de Psychologie ; Société Québécoise des Méthodes Projectives

Par Ariane-Isabeau Noël

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