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Avortement : un droit menacé?

Ecrit par Esther Maury
le 12 mars 2014

On pense que l’avortement est un droit acquis pour toutes les femmes en Europe, mais la réalité est-elle vraiment celle-ci ? La nouvelle loi sur l’avortement en Espagne réduit de façon considérable la possibilité d’avoir recours à une IVG pour les femmes espagnoles. En France, la ministre du droit des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a consolidé le droit à l’IVG, mais la réalisation de l’avortement n’est pas toujours si évidente.

L’IVG en quelques dates :

1975 – Le 17 janvier, la loi Veil autorise, pour une durée probatoire de cinq ans, l’IVG avant la dixième semaine de grossesse.

1979 – Adoption définitive de la loi Veil.

1982 – Loi Roudy pour le remboursement de l’IVG.

1993 – Loi qui punit l’ « entrave à l’avortement volontaire ».

2001 – Loi qui porte le délai de l’IVG à 12 semaines de grossesse, permet aux mineures d’avorter sans autorisation parentale, autorise les médecins de ville à pratiquer des IVG médicamenteuses et oblige les hôpitaux disposant d’un service de gynécologie-obstétrique  ou de chirurgie à pratiquer des IVG.

2014 – Suppression de la notion de « situation de détresse » et renforcement du délit d’entrave.

Ce qui se passe en France :

Ce qui est possible :

En France, les femmes peuvent avorter jusqu’à 12 semaines de grossesse. Depuis 2001, l’IVG est également accessible aux mineures, même sans autorisation des parents.

Il est possible d’avorter par voie médicamenteuse ou chirurgicale, dans un hôpital, une clinique ou chez un médecin de ville. Il est possible de consulter son généraliste pour etre mieux orientée, mais il existe également des centres de planifications qui prennent en charge les mineures pour des conseils et des consultations gratuites et privées. C'est parfois une bonne solution lorsque l'on préfère ne pas parler au médecin de famille qui connaît nos parents, ou qui nous suit depuis notre plus jeune âge. Il est essentiel de trouver un interlocuteur en qui on a une parfaite confiance.

Avant l'intervention, deux consultations médicales sont obligatoires à une semaine d’intervalle. Pour les mineures, une consultation psychosociale est également obligatoire.

En réalité :

En pratique, l’avortement n’est pas aussi accessible qu’il ne l’est sur le papier. Les centres de planification et les plannings familiaux se font de plus en plus rares, ce qui risque de saturer les services des hôpitaux, et de permettre à moins de femmes d’avoir accès à l’IVG.

On remarque également une montée des opposants à l’avortement, qui font pression sur les médecins et les femmes, parfois même jusque devant les hôpitaux. On se souvient toutes de la scène de Juno, ou Ellen Page s'enfuit après avoir croisé une de ses camarades militante anti-IVG.

Le regard des autres, avant et après l’intervention, est souvent difficile : ce sont des remarques de médecins ou de proches, des avis dont on se passerait bien. Un discours souvent moralisateur, qui créé souvent plus d’angoisses que l’acte lui même.

Ce qui se passe ailleurs :

En Espagne : Le ministre de la justice, Alberto Ruiz-Gallardon, veut limiter  le droit à l’avortement. Jusque là, la loi autorisait les IVG dans trois cas : les malformations, les viols et les « risques pour la santé psychique de la mère ». Le nouveau projet de loi supprime le droit à l’avortement en cas de malformation, et encadre de façon sévère les « risques pour la santé psychique ». Ce qui était une des lois les plus laxistes d'Europe en matière d'avortement devient une des plus restrictives.

Ailleurs en Europe, tous les pays ne sont pas égaux dans l’accès à l’avortement. S’il est légal et autorisé dans la majorité des pays européens, certaines lois sont encore très strictes. En Finlande et en Irlande du Nord, les femmes doivent pouvoir justifier d’un risque pour leur santé ou celle du fœtus, et obtenir l’autorisation d’un médecin. Il est quasiment impossible d’avorter en Pologne, et en Irlande, l’avortement n’a été dépénalisé que l’année dernière.

Dans le monde, l’avortement est légal dans la majorité des pays de l’hémisphère nord, l’Australie et l’Afrique du Sud. Il est interdit, ou très rare dans les pays d’Afrique et d’Amérique du Sud. De plus, certains pays ont durci leurs lois sur l’avortement ces vingt dernières années : Le Japon, le Salvador et le Nicaragua.

droit des femmes - ivg

Lois anti-avortement, quelles conséquences ?

Un risque moral pour nous les femmes, qu’on culpabilise. L’avortement est un droit sur le plan légal, mais la société porte encore un jugement. Dans de trop nombreux cas, c’est encore considéré comme une concession, un acte toléré mais mal vu.

La réduction du nombre d’établissements et de médecins pratiquant l’avortement, c’est ouvrir la voie à des avortements clandestins, non encadrés, dangereux pour la santé et la vie des femmes. Si vous avez une grossesse non désirée et que vous choisissez d'avorter, il est indispensable de se tourner vers un interlocuteur compétent. Si vous ne voulez ou ne pouvez pas en parler autour de vous, les centres de planification permettent un encadrement médical complet qui reste exclusivement privé et gratuit pour vous orienter et vous accompagner tout au long de la procédure.

L’avortement est notre droit, mais il est fragile. Il faut toujours le protéger pour pouvoir le conserver et s'assurer que les femmes qui souhaitent avorter puissent le faire en toute sécurité. Il est important que chaque nana ait conscience de ses droits et des possibilités auxquelles elle a accès, quels que soient ses choix et ses opinions.

Source image : http://www.teezily.com/ivgmoncorpsmondroit

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Commentaires (1)
  1. thedid1

    Bonjour,
    Je participe.
    Merci.

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