Rencontre

Véronique Maciejak, mamanpositive.com

Ecrit par Marie TERRY
le 22 septembre 2017

Changer le regard sur l'éducation et aider les parents, tel est l'objectif du livre de Véronique Maciejak, maman de 3 enfants qui prône l'éducation positive. Au mois de septembre, où les mots, éducation, rentrée, enfants font largement partie du vocabulaire, on a voulu en savoir plus et aller à la rencontre de cette auteur, journaliste, qui est donc la nana du mois de septembre. 1, 2, 3 : Portait.

Trucs De Nana: Véronique Maciejak, quel est votre parcours?

Véronique Maciejak: J’ai suivi des études pour être professeur des écoles tout en rêvant d’être journaliste scientifique, comme Michel Chevalet:). Attirée par le monde audiovisuel, j’ai été animatrice TV (au Morning Live sur M6..) et radio avec des rubriques sur l’éducation.
Tout cela a donné de multiples expériences avec même un détour par des études de commerce et un job de gestionnaire de patrimoine. Maintenant, je suis animatrice/formatrice et conférencière dans le domaine de l’éducation positive et auteure de trois ouvrages chez Eyrolles.
Je peux dire que je me suis spécialisée dans le domaine de la famille (psychologie, éducation) depuis quelques années et mes ouvrages sont sur ces thèmes là et le dernier, 1,2, 3, je me mets à l’éducation positive vient de sortir.

 1 2 3 education positive eyrolles

Vous vivez loin de Paris, est-ce un choix de vie d’avoir quitté la capitale ?

Oh oui, je vis dans un tout petit village où il n’y a pas grand monde et suis restée en région parisienne pour les besoins professionnels de mon mari mais je serais bien allée plus loin.:) J’apprécie le calme, la nature. J’ai vraiment fui Paris avec plaisir.

Maman de 3 filles, vous êtes une maman comblée?

Oui, je suis ravie de mes 3 filles, je m’éclate. Elles ont 9 ans, 6 ans et 4 mois. Je m’occupe beaucoup d’elles et veut en profiter pleinement. J’ai choisi volontairement de ralentir le rythme pour passer des moments privilégiés avec mes filles toutes ensemble ou avec chacune d’entre elles.

Comment a commencé votre intérêt pour l’éducation que vous avez mis en avant tout au long de votre parcours?

Quand j’ai été enceinte de mon premier enfant, je me posais plein de questions et j’ai eu besoin de m’informer et de me former à ce nouveau rôle de maman?

Vous former?…Vous pensez qu’il faut une formation pour devenir parent?

  • Oui, je pense que la pression sociale, le côté « parents parfaits », le manque de disponibilité des parents, stressent de nombreux jeunes parents ou parents en devenir et qu’il faut en effet, se former et surtout se former à l’éducation positive que je défends.

Pourquoi ce terme, éducation positive, que lui oppose-t-on ? L’éducation négative ?

Non, le terme peut, en effet, être mal perçu mais le mot « positif »a un certain consensus, on parle de d’éducation positive ou de parentalité positive qui serait ni laxiste, ni répressive. On l’oppose à l’éducation traditionnelle avec le classique duo punitions/récompenses.

 

Pouvez-vous en quelques points donner des principes de cette éducation?

  • On part des forces de l’enfant pour l’aider à s’épanouir et ses faiblesses deviennent des forces
  • On voit l’enfant comme un être empathique qu’il est nécessaire d’accompagner et de guider
  • Les difficultés, les conflits, ne sont plus perçus comme des échecs mais comme de réelles opportunités d’apprentissage.

Peut-on dire qu’on porte un regard bienveillant à l’enfant?

Ou,  mais ce n’est pas que cela. Il faut pouvoir se dire que si l’enfant a un mauvais comportement, c’est que nous avons mis les mauvaises lunettes, qu’il faut regarder autrement et chercher la raison du dit comportement

Donc, vous êtes évidemment contre les fessées, les cris et si on met l’enfant au coin?

Je suis contre aussi car c’est pour moi une réponse inappropriée. Je préfère dire: je suis très en colère, je m’en vais pour me calmer, nous rediscuterons ensemble de ton comportement quand je serai apaisée ». Les punitions, quelles qu’elles soient, sont tournées vers le passé. On veut faire payer à l’enfant son attitude. Elles n’aident en rien l’enfant à s’épanouir et à comprendre son erreur. En éducation positive, on cherche des solutions pour le futur, pour aider l’enfant à faire mieux pour la suite et de manière pérenne. On tente de comprendre les raisons du comportement inapproprié pour y répondre de la meilleure manière ; ce qui ne nous empêche pas d’être en colère et de le dire !

Vous êtes d’accord qu’il peut avoir des ratés et qu’il arrive de déroger à ces principes en élevant la voix, ou avec une petite tape? Comment doit-on rectifier le tir dans votre méthode?

Evidemment, tout papa ou toute maman reste une personne et personne n’est parfait et heureusement. Il y a des circonstances à prendre en compte, la fatigue, le manque de temps…
Il faut arriver à dire aux enfants que papa ou maman n’est pas parfait et ainsi avouer ses faiblesses, s’excuser même de ses mauvais comportements, reconnaitre ses tords.

Puis-je vous demander en trois mots quelle éducation avez-vous, Vous, reçu?

J’ai eu une éducation aimante, traditionnelle, et le dernier mot est difficile à trouver mais je voudrais dire qu’on m’a certes complimentée mais pas encouragée, or, l’enfant doit surtout être encouragé.
J’ai eu peur de l’échec et le jour où j’ai échoué à un examen, mes parents n’ont rien su me dire.

Quelle différence faites-vous entre « complimenter » et « encourager »?

En fait, cette différence a été pour moi un déclic à me positionner dans cette voie de l’éducation positive.
Quand on complimente, on emploie le « Je »: je suis fière de toi.
Quand on encourage, on dit: tu peux être fier(e) de toi.

L’encouragement pousse l’enfant à s’élever et à faire mieux. L’enfant fait pour lui (ex :  » Tu peux être fier de toi, Regarde les progrès que tu as fait »…)
Un compliment est en réalité un jugement, une évaluation. L’enfant fait quelque chose dans le but de satisfaire l’adulte et de répondre à ses exigences. (ex: « Je suis fier de toi, Tu es le meilleur ! »…)

Mais ne va-ton pas trop encenser l’enfant et le rendre adulte, imbu de sa personne?

Non, déjà, il ne faut pas délivrer les compliments à outrance. Par exemple, l’enfant fait un dessin moche: On ne doit pas lui dire, il est merveilleux, beau mais plutôt, qu’as-tu voulu dessiner? Les compliments sont pour moi comme des carrés de chocolat, il faudrait en donner un peu de temps mais trop pour ne pas risquer l’indigestion.

Comment vos parents ont ils perçu les livres que vous écrivez?

On n’en a pas vraiment parlé, par pudeur peut-être. Mais je sais que mon père comme ma mère ont des regrets sur l’éducation qu’ils ont donnée.

Et votre mari? Ne croyez vous pas que le succès aussi d’une bonne éducation est que le père et la mère partagent les mêmes principes?

Oui, en effet, si je dis non, je ne voudrais pas que mon mari dise oui et inversement.
Mais si mon mari rentre un soir énervé et parle d’une manière agressive aux enfants, je me donne le droit de le dire devant les enfants. Papa est fatigué, il vous a mal parlé et j’apprécie que mon mari le reconnaisse.

Qu’aimeriez-vous que vos filles disent de vous?

(Bonne question), Juste peut-être que j’ai tout fait pour essayer de les comprendre.
Ou que je suis géniale!!!

Que diriez-vous aux nanas qui vont vous lire?

Prenez soin de vous, maman ou pas et occupez vous de vous. On fait mieux quand on se sent mieux.

Quelles questions auriez-vous aimé que je vous pose et que je ne vous ai pas posée? (J’ai été gâtée, j’en ai deux, première fois …) alors, je vous les livre.

Véronique aurait aimé que je lui pose: Comment allez-vous? Car Véronique trouve qu’on ne le demande pas assez aux personnes qu’on rencontre à pat le « ça va »rituel sans profondeur.

Où serez-vous dans un an?

Véronique m’aurait répondu: je n’en sais rien. Peut-être je serais partie faire un voyage avec les enfants, j’ai la liberté de choisir et je suis heureuse de ne pas savoir où je serais dans un an car je ne sais même pas où je serais demain.

Merci à Véronique de vous avoir expliqué ce qu’est l’éducation positive. Forte aussi de mon expérience de maman et avec des petits enfants, j’ai voulu un peu bousculer Véronique dans mes questions. J’ai été contente que Véronique utilise le mot qui me venait quand même en tête, que dans cette éducation, il est question aussi de choses naturelles, de bon sens et de simplicité. Ces principes peuvent s’appliquent à tous les rapports humains, on essaie de changer le regard sur autrui, pour que chacun s’épanouisse, et cela marche dans un couple, au boulot…Comme dit Véronique, on a perdu notre bon sens, elle estime aussi qu’elle l’avait perdu et il faut le retrouver dans l’éducation.

J’oserais cette conclusion, doit-on être formé à être parent ou simplement aidé?  Est-ce un besoin personnel ou sociétal d’être formé, informé ? A vos commentaires.

Pour celles qui veulent en savoir plus, allez sur le site mamanpositive.com et lisez le livre qui donne des réponses précises et des outils qui sont clairs et faciles à appliquer.

 

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